
"La hausse hypothétique du prix du baril de pétrole de 65 à 105 dollars pose une question essentielle : que faire du surplus de recettes ? Pour ToPeSA, cette éventuelle aubaine ne doit pas être absorbée par les dépenses courantes. Elle doit contribuer à restaurer l’État, apurer la dette sociale, réduire l’endettement et surtout donner aux régions les moyens de devenir de véritables pôles économiques grâce à une décentralisation administrative et financière effective."
Cette réflexion m’a été envoyée par un compatriote :
« Faire une réflexion sur les 30 ou 40 % de plus que nous apporte le pétrole aujourd’hui. Nous sommes passés de 65 dollars le baril à 105 dollars. Qu’est-ce que l’on doit faire de ce surplus ? La dette du Congo peut-elle être réduite par cette aubaine ? »
La question mérite d’être posée, car elle touche directement à l’avenir économique et social du Congo.
Je ne dispose malheureusement pas, à ce stade, de l’ensemble des données nécessaires sur la production pétrolière du Congo et sur les recettes effectivement disponibles pour l’État. Nous devons donc raisonner à partir des éléments dont nous disposons et considérer l’hypothèse d’un surplus de recettes de 30 à 40 % comme une base de réflexion, et non comme une donnée définitive.
L’objectif est surtout de montrer ce que ToPeSA peut projeter avec les ressources dont dispose le Congo, même lorsque les données disponibles sont incomplètes.
Pour ToPeSA, la question ne se limite pas à savoir s’il faut utiliser ce surplus pour réduire la dette financière. Elle doit être replacée dans une vision beaucoup plus large : celle de la restauration de l’État.
Car le Congo doit faire face à plusieurs formes de dette : la dette financière, la dette intérieure, mais également la dette sociale, notamment envers les fonctionnaires, les retraités et les citoyens qui attendent légitimement que l’État respecte ses engagements.
Un État ne peut pas être véritablement remis debout si ses propres citoyens restent ses créanciers impayés.
Mais restaurer l’État, c’est aussi créer les conditions permettant au pays de produire sa propre richesse.
C’est pourquoi ToPeSA place au cœur de son projet la décentralisation administrative et financière effective des régions.
Les régions doivent cesser d’être de simples circonscriptions administratives dépendant de Brazzaville, où l’on nomme les responsables de l’administration, jusqu’aux responsables locaux, au lieu de donner au peuple le pouvoir de choisir ceux qui doivent agir en son nom et lui rendre des comptes.
La République ne peut pas être une chefferie. Sinon, ceux qui sont nommés par la chefferie, qui engagent l’État et contractent des dettes, sont finalement responsables de l’endettement qu’ils devront eux-mêmes rembourser, et non le peuple. La démocratie signifie que le pouvoir procède du peuple et que ceux qui l’exercent répondent devant lui.
Il faut donc sortir d’une logique de nominations administratives pour aller vers une véritable responsabilité démocratique locale, avec des responsables élus par les populations et responsables devant elles.
C’est là toute la différence entre une démocratie décentralisée et une logique de chefferie.
Les régions doivent ainsi devenir de véritables pôles économiques de développement, disposant des moyens nécessaires pour valoriser leurs ressources, créer des entreprises et générer des emplois.
Une partie du surplus pétrolier pourrait être orientée vers des investissements productifs dans les régions : infrastructures, énergie, routes, formation professionnelle, transformation agricole, stockage et commercialisation.
C’est notamment le sens des « paradis agricoles » proposés par ToPeSA, avec la mise en place de centrales d’achat permettant d’organiser la production, de garantir les débouchés aux producteurs, de faciliter la transformation locale et de créer de nombreux emplois.
Ainsi, le pétrole ne serait plus seulement une rente consommée : il deviendrait un capital permettant de préparer l’après-pétrole.
Le surplus pétrolier peut donc être une aubaine pour réduire la dette du Congo. Mais sa véritable valeur serait de permettre simultanément d’apurer la dette sociale, de réduire l’endettement et d’investir dans les forces productives du pays.
C’est cela, remettre l’État debout : un État qui paie ses dettes, respecte ses engagements sociaux, rétablit ses services publics et donne aux régions les moyens de produire et de créer des emplois.
ToPeSA ne propose pas simplement de mieux gérer une recette pétrolière exceptionnelle. ToPeSA propose d’en changer la destination : de la rente vers la production, de la centralisation vers les régions, de la chefferie vers la démocratie, de la dépendance vers l’autonomie économique.
Le pétrole ne doit plus servir à maintenir à flot un État dont les ressources peuvent être détournées au profit de l’enrichissement illicite. Avec une transition politique structurelle, apaisée et fondée sur la responsabilité, il doit servir à remettre l’État debout et à construire le Congo de demain, le Congo nouveau.
ToPeSA – Le pont vers le Congo nouveau.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
17 septembre 2026 – 10 h 43
Remarque importante : un compatriote avisé fait savoir que, le pétrole ayant été gagé, les contrats signés ne tiendraient peut-être pas compte des fluctuations des prix entre deux périodes de référence, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes sur les engagements pris par l’État. (le 17/09/2026 – 11h24).
Mots-clés : Congo-Brazzaville, ToPeSA, pétrole Congo, dette Congo, dette sociale, décentralisation, décentralisation financière, développement régional, paradis agricoles, centrales d’achat, démocratie, restauration de l’État