CONGO-BRAZZAVILLE. Informations, Actualités et Analyses socio-politiques sur le Congo-Brazzaville.
𝐓𝐨𝐏𝐞𝐒𝐀 : 𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐚̀ 𝐃𝐞𝐧𝐢𝐬 𝐒𝐚𝐬𝐬𝐨𝐮 𝐍𝐠𝐮𝐞𝐬𝐬𝐨 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐥𝐞́ 𝐝𝐮 𝐂𝐨𝐧𝐠𝐨 𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐞́𝐞
Denis Sassou Nguesso, à travers un appel radiotélévisé officiel, avait personnellement garanti aux exilés congolais qu’ils pouvaient rentrer au pays en toute sécurité et « 𝒒𝒖’𝒊𝒍 𝒏𝒆 𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒔𝒆𝒓𝒂𝒊𝒕 𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒂𝒖𝒄𝒖𝒏 𝒎𝒂𝒍 ».
Cette parole présidentielle avait été donnée au moment où un accord tripartite, signé le 𝟭𝟬 𝗮𝘃𝗿𝗶𝗹 𝟭𝟵𝟵𝟵 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲 𝗹𝗮 𝗥𝗲́𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝘂 𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼, 𝗹𝗮 𝗥𝗲́𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲́𝗺𝗼𝗰𝗿𝗮𝘁𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗱𝘂 𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝗛𝗮𝘂𝘁-𝗖𝗼𝗺𝗺𝗶𝘀𝘀𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗡𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗶𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗿𝗲́𝗳𝘂𝗴𝗶𝗲́𝘀 (𝗛𝗖𝗥), organisait le retour volontaire des réfugiés par un couloir humanitaire.
C’est sur la foi de ces garanties qu’un grand nombre de Congolais avaient accepté de regagner Brazzaville. Pourtant, à leur arrivée au Beach, plusieurs centaines furent arrêtés et certains furent ensuite portés disparus. Les faits ont fait l’objet de nombreuses enquêtes, de procédures judiciaires et de demandes persistantes de vérité et de justice.
𝐋𝐚 𝐩𝐚𝐫𝐨𝐥𝐞 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞́𝐞 𝐞𝐧𝐠𝐚𝐠𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐪𝐮𝐢 𝐥𝐚 𝐝𝐨𝐧𝐧𝐞.
Hier, 21 septembre, jour du Grand Pardon, j’ai rappelé un épisode personnel qui demeure profondément inscrit dans ma mémoire.
Lorsque mon premier neveu, 𝗔𝗿𝗺𝗮𝗻𝗱 𝗠𝗶𝗹𝗮𝗻𝗱𝗼𝘂, fils de ma sœur, a perdu la vie après que des militaires lui eurent pris sa moto au marché Total, le général 𝗚𝗶𝗹𝗯𝗲𝗿𝘁 𝗠𝗼𝗸𝗼𝗸𝗶, alors directeur de la DGSP, avait été dépêché à Paris pour venir me rencontrer.
Nous nous sommes rencontrés place du Général-Leclerc, Porte d’Orléans.
Je lui ai alors tenu un langage parfaitement clair : qu’il transmette à Denis Sassou Nguesso un message simple. 𝗝𝗲 𝗻𝗲 𝗿𝗲𝗰𝗵𝗲𝗿𝗰𝗵𝗮𝗶𝘀 𝗾𝘂’𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲 𝗰𝗵𝗼𝘀𝗲 : 𝗹𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗻𝗾𝘂𝗶𝗹𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗽𝘂𝗯𝗹𝗶𝗾𝘂𝗲.
Je suppose qu’il avait fidèlement transmis mon message.
Car, au-delà des hommes, des fonctions et des appartenances politiques, il demeure une exigence supérieure : préserver la paix civile et la vie des Congolais.
Il est cependant clair que le pardon ne peut être dissocié de la vérité, de la reconnaissance des faits et d’un véritable retour sur soi.
Aujourd’hui, le président 𝗝𝗮𝗰𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗖𝗵𝗶𝗿𝗮𝗰 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗹𝗮̀, mais les engagements de la France, comme ceux de la communauté internationale, appartiennent aussi à l’histoire. L’affaire des « 𝑑𝑖𝑠𝑝𝑎𝑟𝑢𝑠 𝑑𝑢 𝐵𝑒𝑎𝑐ℎ », régulièrement revenue dans le débat public et judiciaire français, rappelle précisément que des garanties internationales avaient accompagné le retour de ces réfugiés.
À l’époque, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité était 𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗢𝗯𝗮, tandis que 𝗝𝗲𝗮𝗻 𝗢𝗹𝗲𝘀𝘀𝗼𝗻𝗴𝗼 𝗢𝗻𝗱𝗮𝘆𝗲 en était l’adjoint. Aujourd’hui, le premier est conseiller politique de Denis Sassou Nguesso et le second exerce les fonctions de ministre de l’Intérieur. Cette continuité des responsabilités mérite, à tout le moins, d’être regardée avec attention.
𝑷𝒐𝒖𝒓𝒒𝒖𝒐𝒊 𝑫𝒆𝒏𝒊𝒔 𝑺𝒂𝒔𝒔𝒐𝒖 𝑵𝒈𝒖𝒆𝒔𝒔𝒐 𝒍𝒆𝒔 𝒂-𝒕-𝒊𝒍 𝒏𝒐𝒎𝒎𝒆́𝒔 𝒂̀ 𝒄𝒆𝒔 𝒇𝒐𝒏𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒆𝒕 𝒒𝒖𝒆𝒍 𝒍𝒊𝒆𝒏 𝒂𝒗𝒆𝒄 𝒍𝒆 𝒅𝒐𝒔𝒔𝒊𝒆𝒓 𝒅𝒆𝒔 « 𝒅𝒊𝒔𝒑𝒂𝒓𝒖𝒔 𝒅𝒖 𝑩𝒆𝒂𝒄𝒉 », 𝒒𝒖𝒊 𝒓𝒆𝒇𝒂𝒊𝒕 𝒂𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅’𝒉𝒖𝒊 𝒔𝒖𝒓𝒇𝒂𝒄𝒆 ?
Dans le même temps, certaines personnalités françaises mettent clairement en cause 𝗝𝗲𝗮𝗻-𝗗𝗼𝗺𝗶𝗻𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗢𝗸𝗲𝗺𝗯𝗮 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲 𝗱𝗼𝘀𝘀𝗶𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗽𝗮𝗿𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗰𝗲𝘀 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝗴𝗲𝗻𝘀. Il ne faut pas non plus oublier les propos qui lui sont attribués : « 𝙉𝙤𝙪𝙨 𝙖𝙫𝙤𝙣𝙨 𝙗𝙧𝙪̂𝙡𝙚́ 𝙡𝙚 𝙋𝙤𝙤𝙡 𝙚𝙩 𝙡𝙚 𝙘𝙞𝙚𝙡 𝙣’𝙚𝙨𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙩𝙤𝙢𝙗𝙚́. »
Dès lors, une question se pose : 𝒑𝒐𝒖𝒓𝒒𝒖𝒐𝒊 𝒅𝒆𝒔 𝒑𝒆𝒓𝒔𝒐𝒏𝒏𝒂𝒍𝒊𝒕𝒆́𝒔 𝒇𝒓𝒂𝒏𝒄̧𝒂𝒊𝒔𝒆𝒔 𝒓𝒆𝒗𝒊𝒆𝒏𝒏𝒆𝒏𝒕-𝒆𝒍𝒍𝒆𝒔 𝒋𝒖𝒔𝒕𝒆𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒂𝒖𝒋𝒐𝒖𝒓𝒅’𝒉𝒖𝒊 𝒔𝒖𝒓 𝒍’𝒂𝒇𝒇𝒂𝒊𝒓𝒆 𝒅𝒆𝒔 « 𝒅𝒊𝒔𝒑𝒂𝒓𝒖𝒔 𝒅𝒖 𝑩𝒆𝒂𝒄𝒉 » ?
Et, au-delà de cette question, une autre mérite d’être posée : 𝙦𝙪𝙚𝙡 𝙡𝙞𝙚𝙣 𝙥𝙚𝙪𝙩-𝙞𝙡 𝙮 𝙖𝙫𝙤𝙞𝙧 𝙖𝙫𝙚𝙘 𝙡𝙚𝙨 𝙥𝙧𝙚𝙨𝙨𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙚𝙭𝙚𝙧𝙘𝙚́𝙚𝙨 𝙨𝙪𝙧 𝙈𝙤𝙙𝙚𝙨𝙩𝙚 𝘽𝙤𝙪𝙠𝙖𝙙𝙞𝙖 𝙖̀ 𝙩𝙧𝙖𝙫𝙚𝙧𝙨 𝙡’𝙖𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝘿𝙂𝙎𝙋 ?
Y aurait-il une continuité avec une réalité historique que je ne cesse de rappeler : 𝗹𝗲𝘀 𝗱𝗶𝘃𝗶𝘀𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝘂 𝗣𝗼𝗼𝗹 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗮𝘁𝗮𝗹𝗶𝘁𝗲́ 𝗰𝗼𝗻𝗴𝗼𝗹𝗮𝗶𝘀𝗲 ?
Y aurait-il également un lien avec les fractures entre 𝗞𝗼𝗻𝗴𝗼-𝗕𝗼𝗸𝗼 𝗲𝘁 𝗣𝗼𝗼𝗹 𝗟𝗮𝗻𝗱𝗮-𝗥𝗮𝗶𝗹𝘀, ainsi qu’avec les conséquences politiques des événements qui ont marqué notre histoire, jusqu’à la « 𝘀𝗲𝗺𝗮𝗶𝗻𝗲 𝗿𝗼𝘂𝗴𝗲 » ?
Ces questions ne sont pas posées pour raviver les blessures du passé, mais parce que la mémoire des hommes exige que les faits, les responsabilités et leurs conséquences ne soient pas effacés.
Mais au-delà des responsabilités individuelles et des blessures du passé, ma conviction demeure celle que portaient 𝗝𝗮𝗰𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗢𝗽𝗮𝗻𝗴𝗮𝘂𝗹𝘁 𝗲𝘁 𝗙𝘂𝗹𝗯𝗲𝗿𝘁 𝗬𝗼𝘂𝗹𝗼𝘂 : malgré les fractures, les divergences idéologiques et les appartenances politiques, 𝗹’𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁 𝗱𝘂 𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝘀𝗼𝗻 𝗽𝗲𝘂𝗽𝗹𝗲 𝗱𝗼𝗶𝘁 𝗿𝗲𝘀𝘁𝗲𝗿 𝘀𝘂𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗲𝘂𝗿 𝗮𝘂𝘅 𝗿𝗮𝗻𝗰œ𝘂𝗿𝘀.
Il nous faut unir ce qui est épars, rassembler ce qui a été dispersé et retrouver ce qui nous est commun.
𝐋𝐞 𝐂𝐨𝐧𝐠𝐨.
C’est cette volonté d’unité, de restauration de l’État, de réconciliation et de reconstruction qui donne tout son sens à 𝗧𝗼𝗣𝗲𝗦𝗔.
𝗧𝗼𝗣𝗲𝗦𝗔 𝗲𝘀𝘁 𝗮𝘂-𝗱𝗲𝘀𝘀𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘀.
𝗧𝗼𝗣𝗲𝗦𝗔, 𝗹𝗲 𝗽𝗼𝗻𝘁 𝘃𝗲𝗿𝘀 𝗹𝗲 𝗖𝗼𝗻𝗴𝗼 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂.
𝗧𝗼𝗣𝗲𝗦𝗔 𝗲𝘀𝘁 𝗹’𝗔𝗽𝗿𝗲̀𝘀.
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Le 21 septembre 2026 – 13 h 52