• Au-delà de Gbagbo: l'Afrique <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

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    « La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude », écrit Camus à propos de notre époque, laquelle « n’offre à choisir que des conformismes ». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu’on s’acharne à asservir les autres, soit qu’on se résigne à l’asservissement.  L’on ne s’étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s’activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.<o:p></o:p>

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    Ces puissances du monde n’ont plus de scrupule à promouvoir l’industrie de la violence. Cette dernière ouvre des marchés, produit des armes qu’elle vend, et permet aux multinationales de revenir sur le terrain des violences rebâtir ce que leurs armes ont activement aidé à détruire. Au bout du compte, il ne s’agit que de marchés, et donc de bénéfices. Et depuis des siècles, l’Afrique est désignée comme terrain d’expérimentation multiforme pour de nouvelles règles diplomatiques, de nouveaux médicaments et des armes nouvelles dont les propriétaires du monde équipent des Forces naturellement Nouvelles...<o:p></o:p>

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    L’Union européenne fait la force coloniale<o:p></o:p>

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    Notre monde n’aura pas beaucoup vu les forces de l’ONU censées maintenir la paix s’activer et s’imposer par leur efficacité au Rwanda où il se perpétrait bien des horreurs. Ces ’’soldats de la paix’’ savaient regarder ailleurs. Tout aura même été fait pour les exfiltrer, les éloigner des zones des massacres, probablement pour « avoir la paix ! »… Ce sont cependant ces mêmes ’’soldats de la paix’’ que la même ONU entend largement, et cette fois efficacement, déployer en Côte d’Ivoire, pour cette paix à l’onusienne, dont l’objectif mal maquillé consiste à remettre une jeune nation africaine en revendication de sa souveraineté sous les fourches caudines d’une puissance coloniale à veto. Les forces de maintien de la paix de l’ONU vont donc, à ce qu’on dit, pacifier la Côte d’Ivoire. Il existe déjà en Afrique des pays où les populations savent que cette formule s’est toujours illustrée par des cimetières et des enterrements sommaires dans des fosses communes. Ainsi, c’est pour une raison hautement pacificatrice - quoique d’une éthique plutôt singulière - que l’Organisation des Propriétaires du monde s’est concertée et qu’elle s’est constituée en une Internationale colonialiste pour les besoins de sa cause.<o:p></o:p>

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    La Côte d’Ivoire est donc devenue un cas d’école pour l’Afrique et le monde, au lendemain des cinquantenaires de ce qu’on a pompeusement présenté comme les indépendances africaines.  Certes la Côte d’Ivoire se serait volontiers passée d’une telle distinction ; mais à travers elle, c’est toute l’Afrique qui se trouve en devoir de constater qu’elle est traitée de la main gauche par la « Communauté internationale » dont elle est censée faire partie, mais dont elle devra se savoir exclue, parce que dans le lexique de l’Internationale colonialiste, « international » signifie « occidental ». Du fait de l’ONU, l’Afrique se voit donc enfin officiellement et férocement confirmée dans son statut d’ensemble de territoires sans Etats véritablement souverains, la souveraineté d’aucun pays africain n’ayant véritablement figuré à l’ordre du jour de l’ordre colonial et néolibéral dominant. La diplomatie de la « Communauté internationale », inspirée par l’Internationale colonialiste veut que toutes les chancelleries le sachent ; que toutes l’entendent bien ainsi, mais que toutes se gardent bien de le dire, par diplomatie, en confirmation de l’adage où l’Union (européenne) fait la force (coloniale). <o:p></o:p>

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    La notion de souveraineté appelle cependant quelques observations: chaque fois qu’un potentat africain monte un mauvais coup contre son peuple, il se drape de la «souveraineté»  nationale dans l’espoir d’échapper à toute observation critique ou à toute évaluation extérieure. Ces potentats se plaisent d’autant plus à ce jeu qu’ils s’y livrent impunément, le plus souvent avec l’onction d’une métropole coloniale prompte à donner une crédibilité « internationale » à l’impénitent potentat. Le peuple peut toujours hurler son indignation et sa désolation : « l’homme fort » se sait couvert par son mentor métropolitain, qui lui-même se cache derrière des « accords de défense ». Car sous prétexte de « coopération militaire », la métropole n’hésite jamais à défendre un dictateur contre un peuple, son propre peuple, qui l’a rejeté.<o:p></o:p>

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    La Côte d’Ivoire post électorale nous fait témoins d’un scénario différent, presque inverse : il s’y observe un flagrant déni de souveraineté du peuple ivoirien, moins cette fois par un potentat que par une communauté « internationale » à la rescousse d’une métropole en perte de vitesse en Afrique. Les calculs électoraux et les combinaisons politiciennes ayant mal abouti, il restait à la légalité de prévaloir, force devant rester à la loi. Et la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire fait du Conseil constitutionnel le seul organe habileté à proclamer les résultats des élections, quelles qu’en soient la nature et les conditions de déroulement. Contrairement au scenario habituel, ce n’est plus un potentat qui cherche à spolier son peuple de sa souveraineté en comptant sur des appuis métropolitains étrangers. C’est une métropole coloniale qui s’appuie sur un lobby ethno diplomatique et financier pour imposer son diktat à un Etat dont les institutions ont formellement dit le droit, conformément à ses lois. Ce qu’aucune nation occidentale n’accepterait doit donc être imposé à une nation d’Afrique. C’est l’Afrique. Ce n’est donc pas important…<o:p></o:p>

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    La question semblait banalement arithmétique ; elle a pris toute une dimension juridique et politique qui appelle d’autres questions :<o:p></o:p>

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    La Côte d’Ivoire est-elle un état souverain membre de l’ONU ?<o:p></o:p>

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    Si oui, disposerait-elle d’un arsenal juridique propre à en faire un état où se dit le  droit ?<o:p></o:p>

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    Ces lois ivoiriennes peuvent-elles être invoquées par les Ivoiriens pour des élections en Côte d’Ivoire ?<o:p></o:p>

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    Si tel pouvait être le cas, d’où viendrait-il qu’une métropole, fût-elle aussi amicale et aussi désintéressée que la française, s’arroge le droit de lancer un ultimatum à un Chef d’Etat que le Conseil Constitutionnel de son pays a légalement proclamé élu, en validation corrective d’une arithmétique des urnes dont il pourrait s’avérer qu’elle a été viciée par des fraudes?<o:p></o:p>

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    Et Laurent Gbagbo de poser la seule question qui vaille à ses Pairs venus en médiation : « Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire ? »<o:p></o:p>

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    L’inversion du scenario habituel dessine un schéma nouveau : hier c’est un Gouverneur de colonie de souveraineté théorique qu’une métropole coloniale défendait contre un peuple spolié de sa souveraineté et subjugué au nom des intérêts de la métropole. Aujourd’hui, c’est un Chef d’Etat en revendication d’une souveraineté effective au bénéfice de son peuple qu’une métropole harcèle. La notion de souveraineté s’avère donc à géométrie variable selon que c’est un nationaliste ou un gouverneur de colonie qui en parle. Aussi y aurait-il légèreté à se hâter de signer, au nom de cette souveraineté, le moindre chèque en blanc à quelque Chef africain que ce soit, bien que la mouvance nationaliste et patriotique dont se réclame Gbagbo puisse favorablement le positionner aux yeux d’une Afrique de plus en plus lassée de ses chaînes.<o:p></o:p>

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    La France, qui a perdu la cote mais tient tant à l’ivoire, fait du braconnage politique<o:p></o:p>

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    Il se trouve que l’Afrique présumée « francophone », en réalité « française », excelle dans la complaisance à revendiquer son propre maintien dans l’esclavage sociopolitique. La voici donc allègrement remise en corset et reprise en étau par ce que chacun devra sans doute reconnaître bientôt comme le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC). En somme derrière la couverture de la « Communauté internationale », l’Internationale colonialiste et néolibérale réédite ce qu’elle a perpétré depuis Berlin et Yalta, puis entre 1945 et 1960, au moment où des Africains d’avant-garde engageaient la lutte pour l’indépendance de leurs territoires et la souveraineté effective de leurs peuples.<o:p></o:p>

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    Cinquante années après ces « indépendances », le même lobby colonialiste s’active autour des territoires africains qui comptent : car au moment où le système économique et social de l’Occident se fissure et s’effiloche, il n’est surtout pas question de perdre ni une seule plantation, ni aucune source de matières premières ; il n’est surtout pas question de laisser les Africains penser que le Pacte Colonial pouvait être reconsidéré, encore moins rompu au nom de nul ne sait quel droit de quels peuples à disposer d’eux-mêmes.<o:p></o:p>

    Tant qu’une dictature tropicale laisse l’Internationale colonialiste disposer de ses territoires et de ses ressources diverses, la « Communauté internationale », entendez les métropoles occidentales,  n’y trouve rien à redire ; au nom du Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation, elle  se hâte même de consacrer ladite dictature comme démocratie, et de la présenter comme modèle d’intelligence politique et de « sagesse » africaine. Mais qu’il se trouve un nationaliste pour s’intéresser au sort de son peuple, aussitôt s’agite le drapeau menaçant de la démocratie à l’occidentale dont l’Europe s’arroge le droit de dispenser des leçons contre ses propres  pratiques sociales et politiques parfois douloureuses et bien souvent embarrassantes de honte. La diffusion dans les médias occidentaux de la manière dont le Fils de l’autre a gagné les élections présidentielles au Gabon établit l’éthique électorale et démocratique que « la Communauté internationale » sait opportunément appliquer aux colonies d’Afrique…Quand on a su autant bâillonner sa moralité électorale et sa propre vergogne au Gabon, se montrer aussi délicat en Côte d’Ivoire relève du gangstérisme politique international!<o:p></o:p>

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    C’est dans ce jeu que bien des gouvernements occidentaux se sont surpassés, ceux de France en tête. Mais la France n’a plus la cote. Chaque jour, elle observe qu’elle a même perdu cette cote qu’elle s’est arrogée en Afrique pendant de longs siècles d’amitié acharnée, de tartufferie politique et de séduction culturelle. Seulement, elle a beau perdre la cote, la France tient à l’ivoire. Dans sa rage d’en perpétuer le trafic, la voici  installée dans le braconnage politique et mobilisée pour y recruter ou y compromettre d’autres nations, selon cette règle du partage qui veut que les Propriétaires de notre monde se gardent de se gêner dans leurs « chasses gardées » respectives. Il va donc y avoir des assassinats d’éléphants, l’ONU ayant pris parti contre la souveraineté d’un de ses Etats membres, au mépris tout à fait flagrant des conventions internationales qui, au bas mot, font des pachydermes une espèce en voie de disparition et comme telle protégée. Mais nous souscrivons à la déclaration d’un Collectif d’intellectuels d’Afrique et du monde : il faut empêcher toute intervention militaire en Côte d’Ivoire ; il faut sécuriser les Eléphants.<o:p></o:p>

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    Le 2 décembre 2010, l’Elysée déclarait qu’« il appartient désormais au Conseil constitutionnel de proclamer les résultats définitifs dans le strict respect de la volonté clairement exprimée par le peuple ivoirien ». Cette déclaration engageait le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire dans un tunnel sans lumière, de manière si «stricte» que la seule possibilité consentie à cette institution se résumait à reproduire ce qui semblait avoir été « clairement exprimé  par le peuple ivoirien ».  Mis en demeure de répéter ce qui lui était ainsi dicté, le Conseil constitutionnel se trouvait violemment dépouillé, par l’Elysée, de toute véritable prérogative. Le Conseil constitutionnel, organe de délibération et de décision, avait mission de valider les résultats à lui soumis par la Commission Electorale Indépendante, un organe consultatif. L’Elysée lui enjoignait de se satisfaire de la certification de l’ONU, et de renoncer à la validation dont il avait pouvoir.  Le Conseil constitutionnel ayant joué son rôle légal et statutaire, « l’homme fort » de l’Elysée s’en est pris presque physiquement au candidat proclamé élu. A croire que pour l’Elysée, le Conseil constitutionnel ne vaudrait comme institution républicaine que s’il déclarait élu le candidat dont les fraudes électorales avaient été dénoncées, et les résultats légalement invalidés dans certaines circonscriptions.<o:p></o:p>

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    Au risque d’étonner le bon sens, même la Maison Blanche s’y est laissé tromper au prix d’une contradiction remarquée : l’on y prônait naguère une Afrique des institutions fortes par rejet d’une Afrique des hommes forts. Voici que dans un discours d’homme fort, la Maison Blanche dénonce une institution forte mise en place par un homme dont l’action, de l’avis général, et en dépit des va-t-en-guerre de son pays, tendait tant bien que mal à instaurer des institutions républicaines qui fonctionnent au-delà des hommes. La Maison Blanche pourrait bien s’être laissé compromettre par une métropole européenne qu’on surprend à dénoncer le fonctionnement des institutions qu’elle applique elle-même dans l’Hexagone,  et que sa Vème République a imposées aux colonies par assimilation institutionnelle.<o:p></o:p>

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    Il ressort de toutes ses considérations que pour le destin de l’Afrique, et bien au-delà de sa personne, Laurent Gbagbo s’apparente à une espèce en voie de disparition. Personne ne nous fera penser ni croire qu’il est un ange. Et on peut douter qu’il revendique ce statut surhumain : c’est un homme de pouvoir ; et le risque de tout pouvoir est de se dégrader en puissance en cédant à bien des faiblesses. Mais sans nécessairement le dédouaner de ses propres insuffisances ou de ses éventuels forfaits, la vision patriotique que Laurent Gbagbo a impulsée en Cote d’Ivoire déplace la querelle : elle l’élève des simples joutes électoralistes vers l’arène nationaliste et patriotique. Thomas Sankara s’y est généreusement engagé dans son style. Un de ses amis a été armé pour mettre fin à son rêve, au nom des intérêts étrangers au Burkina Faso. On va sans doute bientôt armer un cousin africain de Gbagbo pour vous l’assassiner, ou  diligenter la Cour Pénale dite internationale mais résolument « occidentale » pour l’embastiller. L’ONU y assistera « en toute neutralité » pour avoir, une fois encore, été instrumentalisée par une Internationale colonialiste qui s’est maquillée aux couleurs de la « Communauté internationale » dans l’illusion de masquer ses appétits. Par delà ses limites humaines, Laurent Gbagbo aura surtout commis l’abominable crime de penser ivoirien en Ivoirien, de penser africain pour l’Afrique. Il a osé s’imaginer que les Ivoiriens avaient, eux-aussi, le droit de penser leur destin, de se prendre en main et de sortir du corset colonialiste. Il a osé parler d’indépendance alors que pour certaines métropoles, la Côte d’Ivoire doit rester sous surveillance des forces d’occupation, et l’Eléphant ouest africain sous contrôle de la Licorne hexagonale…<o:p></o:p>

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    Perception zoologique de l’Afrique dite francophone<o:p></o:p>

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    Il n’est pas nouveau que  notre « organisation » des Nations Unies se laisse instrumentaliser par certaines nations à veto en négation flagrante de la souveraineté de nations sans pouvoir de veto. Cette faiblesse a fait prendre bien des décisions regrettables dans bien des pays du monde. Le Cameroun par exemple n’a pas encore oublié qu’il n’a jamais été une colonie française. Il se souvient même qu’il fut une pupille des Nations unies. Mais cette organisation a abdiqué ses responsabilités de tutrice pour des raisons que seul un penchant à l’infanticide peut expliquer ; car l’ONU a plutôt sacrifié sa pupille aux intérêts de l’Internationale colonialiste, sous prétexte que la France s’était, la main sur le cœur, engagée à « conduire » le Cameroun à son indépendance, à sa souveraineté et, comme de bien entendu, à sa prospérité. Plus de cinquante années après, le Cameroun en est toujours à courir après l’effectivité de son indépendance. Les Camerounais en sont toujours à se gargariser d’une souveraineté cosmétique. Quant au développement, le monde a entendu que le discours sur l’émergence a déporté le Cameroun sur les calendes de 2035! C’est dans cette logique de report et de différé permanent que pour Pierre Mesmer, Ancien Haut-commissaire de la France coloniale au Cameroun, il fallait confier l’indépendance du Cameroun et sa gestion « à ceux qui la voulaient le moins ». Plus de cinquante années après, l’ONU ne semble toujours pas pressée de savoir quel sort la France a réservé à sa pupille… S’agissant du Cameroun, les Nations Unies pourraient valablement et fort utilement organiser une plénière sur l’irresponsabilité tutorale et parentale.<o:p></o:p>

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    Il devient donc réductionniste de se focaliser sur la personne de Gbagbo : la situation que vit la Côte d’Ivoire interpelle l’Afrique toute entière, tout au moins l’Afrique qui rêve de son indépendance réelle sur les divers plans économiques, politiques et socioculturels. Car il n’est pas de juriste, il n’est pas de juridiction qui ne puisse reconnaître qu’au plan institutionnel, la proclamation de Laurent Gbagbo comme Président de Côte d’Ivoire est incontestable.  Partout dans le monde, l’arithmétique des urnes doit attendre la validation d’une haute juridiction pour donner un visage aux électeurs, un nom au peuple, une conclusion légale aux élections. Il est surprenant que ce processus soit automatique  et respecté comme tel dans les « grandes » démocraties du monde, et que les mêmes grandes démocraties affichent tant de myopie institutionnelle au même nom de la démocratie. Mais chacun y reconnaîtra l’éthique  « internationale » par laquelle l’Occident sut jadis organiser des croisades, bénir des  expéditions d’esclaves et exterminer des créatures de Dieu au nom de Dieu, de son Dieu à lui!<o:p></o:p>

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    Au-delà des démissions morales et des génuflexions par lesquels certains Africains se distinguent, la crise provoquée en Côte d’Ivoire montre que dans une nation membre des Nations Unies, un Conseil constitutionnel peut se voir violemment nier toute autorité morale, toute autorité légale, et toute autorité formelle de constituer ladite nation. C’est tout à fait nouveau dans le droit international. Mais la violence de ce déni ne peut surprendre venant de ceux dont le credo est qu’il n’est de bon Nègre qu’à genoux ! Et qu’en Afrique, il n’y aura que des nations asservies, des nations de service ; et qu’il ne sera de nation reconnue que celle qui se sera conformée au diktat de l’Internationale colonialiste en souscrivant aux critères du partage du monde en zones d’influence réservées, comme le « Pré carré », appellation agropastorale qui dit assez clairement la perception zoologique que d’aucuns ont de l’Afrique dite «francophone».<o:p></o:p>

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    Mais le tableau s’est clarifié pour ceux qui en doutaient encore, ou qui s’imaginaient qu’il suffisait à un pays d’Afrique d’avoir un hymne, un drapeau et quelques fusils pour être reconnu comme nation souveraine : pour le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC), la bonne Afrique est l’Afrique-Plantation.  Et le « sage » est l’Africain dont le territoire tient entre le balai et la poubelle, le tablier et la chamoisine… Avant Gbagbo, Lumumba et Um Nyobe ont voulu briser la chaîne de cet embastillement sociopolitique, économique et culturel. L’ONU a assisté impassible à leur liquidation sommaire, au nom de la paix telle que prônée par l’Internationale colonialiste. Jamais deux sans trois…<o:p></o:p>

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    Selon que vous serez d’Afrique ou d’Occident…<o:p></o:p>

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    Il ne suffira cependant pas que Barack Obama ait étonné le continent africain et qu’il se soit dédit pour que raison soit donnée à un fonctionnaire de l’ONU, fort sympathique au demeurant, mais manifestement inapte à percevoir la différence de droit qui existe entre la « certification » dont il avait mandat et la « validation » des résultats dont seul le Conseil Constitutionnel avait exclusivement le pouvoir. Et ce n’est plus de l’ignorance juridique que de confondre un organe consultatif avec un organe délibératif et de décision. Car ce n’est pas par ignorance que l’ONU, par son représentant, s’est échinée à imposer les propositions d’un organe consultatif aux délibérations de la plus haute juridiction d’une nation. L’Afrique ne va tout de même pas tout le temps avoir honte à la place des autres. Car l’on semble compter sur la pudeur des Africains pour leur faire tolérer n’importe quelle incompétence.  Mais ils fonctionnent sur instructions, les fonctionnaires. C’est donc bien « l’organisation » qui s’est exprimée par la voix de M. Young-jin Choï, où il se perçoit bien que Choï n’a pas eu de choix : étant aux ordres de l’Internationale colonialiste, il aura fait son devoir en accomplissant sa besogne de mission. Aussi, n’aura-t-il pas hésité à violer la Charte même des Nations Unies qui prescrit de n’entreprendre d’action dans un pays membre que dans le strict respect des institutions et de la souveraineté dudit pays.<o:p></o:p>

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    Mais la Charte des Nations Unies n’a pas prévu que l’organisation reconnaisse ses erreurs et fasse amende honorable. Quand on répond de l’Internationale colonialiste, on ne sait pas avoir tort. Sous la pression de l’Internationale colonialiste, les prescriptions même de la Charte ne sont plus que des balivernes cérébrales devant les intérêts géopolitiques et mercantiles à préserver. Pour cette raison, et parce qu’il s’agit d’un pays africain, les personnalités membres d’un Conseil constitutionnel cessent aussitôt d’être des juristes de qualité. Ils ne sont plus que des «proches» et des « amis » du Président. Que M. Kipré, Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France rappelle que Michel Debré, Président du Conseil Constitutionnel de France doit, dans cette logique, n’être qu’un « proche ami » de Sarkozy, et l’on entend le journaliste Elkabach glapir: « il ne faut pas comparer ! ». Ainsi, selon que vous serez d’Afrique ou d’Occident, le Conseil constitutionnel sera un banal cercle de proches amis du Président ou une instance délibérative digne d’être respectée par l’ONU…<o:p></o:p>

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    Dans le cas de la Côte d’Ivoire, la Cour Pénale Internationale se hâte de se signaler à l’opinion comme l’aile judiciaire de l’Internationale colonialiste, au risque de se pénaliser en se dégradant en Cour « occidentale » : elle qui fut d’une discrétion remarquée et d’un silence assourdissant pendant bien des génocides en Afrique, elle qui ne donna aucune suite aux requêtes de la Côte d’Ivoire sur les tueries de la Licorne, affûte déjà ses articles et ses « attendus » contre tous ceux qui auront osé penser que l’Afrique a des droits, et que ses Conseils constitutionnels sont en devoir de dire le droit en toute souveraineté…Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC) est résolument en marche. Et le Conseil de Sécurité se signale déjà comme sa branche armée, prompte à déployer des soldats pour mater la soif d’indépendance des nationalistes africains…<o:p></o:p>

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    Tant d’indices laissent penser qu’en ce début du XXIème siècle un gouvernement mondial se met discrètement en place. Comme d’habitude, l’on aura choisi l’Afrique comme terrain de son expérimentation ; et la Côte d’Ivoire donne un aperçu de la gestion et du fonctionnement de ce gouvernement mondial. Son mode de gestion est si éloquent qu’il n’y a pas meilleure manière de dire à l’Afrique qu’elle n’y comptera pas pour grand-chose, ou pour si peu, qu’il lui faudra de puissants mégaphones pour se faire entendre. Sauf à choisir enfin de s’assumer sur la base de ses règles endogènes, de s’étudier sur la base de ses propres concepts, de s’instruire sur la base de ses propres canons et méthodes culturels pour se donner quelque chance de se reconquérir et de se réconcilier avec elle-même. Il est d’une évidence lumineuse que cette mise en perspective de l’Afrique ne sera d’aucune motivation pour les professionnels de la génuflexion, et qu’elle sera même âprement combattue par ceux des Africains qui auront été dressés au reptilisme existentiel.<o:p></o:p>

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    C’est qu’au-delà d’un nommé Gbagbo, l’autre question de fond que la Côte d’Ivoire pose à l’Afrique est la problématique même des élections comme processus d’accès à la gestion publique. La démocratie est-elle nécessairement électorale ? Les peuples en général, les peuples d’Afrique notamment, n’auraient-ils que des élections pour se gérer en société ?<o:p></o:p>

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    Les élections, seul outil d’accession à la gestion de la vie publique et au pouvoir ?<o:p></o:p>

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    La culture occidentale est fondamentalement, foncièrement et essentiellement conflictuelle. Certes Héraclite d’Ephèse a étudié en Afrique avant d’établir le conflit, la lutte des contraires comme moteur du monde. L’Afrique ne conçoit cependant pas le monde en termes d’affrontement ; l’Afrique culturelle profonde conçoit le monde en termes d’intégration et de consensus. Contrairement aux contrevérités de certains touristes scientifiques qui se sont autoproclamés « africaniste », l’anthropologie africaine a des choses bien plus porteuses à enseigner dans ce domaine.<o:p></o:p>

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    La rage d’uniformisation du monde étonne de plus en plus chez ceux-là même qui prétendaient combattre la pensée unique ; elle est exacerbée par le slogan économico-mercantile de la mondialisation, dont les institutions de Bretton Woods, l’OMC comme le FMI, constituent le bras usurier. Au nom de l’uniformisation du monde, il suffit désormais qu’un slogan soit diffusé et soutenu dans les medias « internationaux », entendez « occidentaux », pour qu’il devienne une vérité infaillible pour le reste du monde. C’est ainsi que les pays d’Afrique, hier pays du « Tiers monde », ou « Pays sous-développés », ont été successivement et unilatéralement rebaptisés pays « en voie de développement », puis «Pays les Moins Avancés » (PMA), puis « Pays Pauvres Très Endettés » (PPTE) et, pour demain, « Pays Emergents ». L’Eurocentrisme n’a pas fini de coûter cher aux peuples d’Afrique, tant au plan économique, moral que politique. Dans ce dernier cas, l’accession à la gestion publique par les élections fait tellement problème en Afrique qu’au lieu de penser que ce sont les Africains qui sont inaptes à la démocratie électorale, il serait temps de se demander si l’urne est bien le mode socioculturel le plus approprié pour l’accession au pouvoir et pour sa gestion en Afrique.<o:p></o:p>

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    Nous ne perdons pas de vue que si aujourd’hui l’Occident agite aussi ostensiblement le fanion des élections, il n’y a pas si longtemps que ses « grandes nations » excluaient le vote de leur fonctionnement. Et quand l’Occident a fini par céder au principe des élections, il a fallu de nouvelles luttes acharnées pour que toutes les populations soient admises à voter. Il n’y a donc pas longtemps que certaines grandes nations occidentales ont concédé ce droit à la femme – dont le statut d’être humain n’a été toléré que fort récemment. Dans certaines « grandes démocraties » occidentales, la reconnaissance de la femme comme personne humaine a paru si révolutionnaire qu’elle a été gravée sur des stèles comme une invention exceptionnelle de l’humanité…<o:p></o:p>

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    Si donc la démocratie se définit comme pouvoir émanant d’un peuple donné, et s’il est entendu qu’en Afrique il existe des peuples et non de simples hordes de primates, le plus distrait des touristes pourrait avoir remarqué, sauf amnésie et cécité délibérées, que l’Afrique a une longue expérience de la gestion publique et de l’accès au pouvoir.<o:p></o:p>

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    Une certaine propension au raccourci pousse une catégorie d’Africains à renoncer à comprendre, pour s’être convaincus par facilité que les autres ont déjà tout dit, tout pensé, tout trouvé. Quand les autres auraient effectivement tout pensé et tout trouvé, ils l’auraient fait pour eux, en fonction de leur vécu à eux et de leurs attentes à eux. C’est pour cela que même le sparadrap, grande trouvaille occidentale devant l’Eternel, n’existe pas encore en couleur cacao ou café, mais se produit exclusivement en couleur rose cochon… De tels détails de notre simple quotidienneté d’infirmerie devraient inciter les Africains à réfléchir sur bien d’autres produits que l’Occident vante dans ses médias et qu’il nous propose, sous prétexte de modernité et d’ouverture, comme une panacée à nos problèmes d’Africains.<o:p></o:p>

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    C’est dans ce contexte que des questions bien plus graves pourraient surgir : dans quelle culture ou société africaine a-t-on jamais vu 51% d’une famille humaine s’arroger le droit de régenter 49% de la même famille sous prétexte que des bouts de papiers ont été jetés dans une boîte, individuellement, séparément et en cachette? Dans quelle société d’Afrique a-t-on jamais vu une palabre se terminer hors consensus, quand le Patriarche chargé de vider un litige se fait un point d’honneur de ramener le plus radical des contradicteurs dans le cercle du consensus pour qu’à la fin, les uns et les autres partagent la cola en dégustant le vin de la réconciliation, de l’entente et de la cohésion sociale retrouvée ?<o:p></o:p>

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    Le tropisme et l’extraversion pousseraient des décervelés à douter ! Pourtant, il va falloir, et bientôt, se résoudre à choisir : guérir du dressage et du mimétisme, ou renoncer définitivement à représenter une culture, un peuple, un continent et une histoire dont la richesse aussi piratée qu’enviée est souterrainement combattue par ceux-là mêmes qui la parasitent.  Observons déjà comme la vertu du consensus est convoitée par les adeptes des pouvoirs électoraux « modernes », issus de la démocratie électorale de 51% contre 49%. C’est bien par intention, par soif et par impatience de consensus ou de réconciliation que tout « Président élu » se hâte de déclarer qu’il sera le Président « de tous les … ». Quand bien même cette déclaration ne serait faite que du bout des lèvres, l’effort de mensonge du nouveau président est déjà en lui-même révélateur d’un fonds culturel qu’aucun Africain ne devrait se hâter d’évacuer.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Les urnes n’ont pas une histoire si lointaine que cela en Occident. Et la généralisation des élections à l’occidentale n’est encore ni un certificat de démocratie, ni une garantie de paix sociale dans les « grandes démocraties » occidentales. D’aucuns auraient bien voulu qu’il n’en fût point ainsi, mais l’Afrique profonde a des enseignements à donner au monde en matière de démocratie et de convivialité : « Le pouvoir y reposait sur un système de prise de décision collégial et consensuel. La méthode  en était la palabre, et l’instrument l’assemblée de village. Au-dessus du village, à chaque niveau d’organisation géographique, district ou région et royaume ou empire, des assemblées de délégués fonctionnaient selon le même principe de consensus. S’il y a une tradition africaine de prise de décision collective, elle est bien celle de la palabre et du consensus. Elle prend du temps, mais elle s’attache au respect de chacun et permet les décisions nécessaires à la survie du corps social». Le même auteur déplore « la méconnaissance profonde où se trouve l’Occident des modes de fonctionnement de l’Afrique (…) Tout se passe en Afrique comme si l’Occident colonisateur avait efficacement détruit une amorce de sociabilité locale que l’on peut appeler démocratie consensuelle, et n’arrivait pas à faire prendre la greffe de son produit de remplacement, la démocratie conflictuelle ». (2001)<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Non, il ne s’agit pas encore de Cheikh Anta Diop – Maître de puissante inspiration – mais plus prosaïquement de Michel Rocard, qu’on ne peut soupçonner d’Afrocentricité. Son titre, Pour une autre Afrique, dit à quel point les ravages de la colonisation sont réels et la lutte pour les rattraper indispensable, notamment face à des prédateurs occidentaux qui veulent bien les décrire ou les déplorer, mais dont le premier réflexe, une fois qu’ils sont au pouvoir, n’est pas nécessairement de promouvoir l’indépendance et la dignité de l’Afrique.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    La raison de vivre s’érige en raison de mourir<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Au-delà  d’un nommé Gbagbo, prétendons-nous, l’enjeu est l’avènement d’une Afrique autre. Ceux des enfants d’Afrique qui s’en rendent comptent et qui prennent la juste mesure des enjeux sauront que même proclamés perdants, ou à la limite assassinés, certains nationalistes patriotes seront demeurés des gagneurs. Au-delà des insuffisances, des incompréhensions ou des fautes de bibelots, la plupart auront activement œuvré au-delà de leur personne, pour l’indépendance de l’Afrique et la dignité d’une Afrique de peuples effectivement libres. Quand une cause est à ce point une raison de vivre, elle s’érige en raison de mourir. Et la gloire des nations réside dans le sacrifice de ceux de leurs enfants qui savent mourir pour leur raison de vivre. C’est ainsi que sans l’avoir recherché, certains patriotes entrent dans l’éternité de la mémoire de leur peuple.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    L’Occident en général et l’Europe en particulier ont prouvé au monde qu’ils savent se déchirer dans des querelles ethniques et des conflits ethno économiques. La Shoah en est l’un des exemples les plus déshumanisants. L’unité de l’Europe n’a donc pas fini de se chercher. Sans doute va-t-elle enfin se trouver grâce à l’Afrique dont la même Europe occulte curieusement la saignée et l’holocauste négrier. Cette Europe esclavagiste et déchirée par ailleurs va sans doute reconquérir son unité grâce à une Côte d’Ivoire qu’un certain Laurent Gbagbo s’efforçait de réunifier. Il restera  frappant que l’Europe en quête de sa propre unité n’ait pas hésité à aggraver l’éclatement d’une nation africaine pour défendre les intérêts d’un pays d’Europe. Et c’est de cette Europe ethnique, fort violemment intéressée, que l’Afrique devra recevoir des leçons d’éthique politique et humaniste ! Le malaise que l’Afrique éprouve vient de ce que l’Europe ne semble pas avoir, pour elle-même déjà, maîtrisé les leçons qu’elle veut bien dispenser ou, à l’occasion, imposer au reste du monde : élection n’est point synonyme de démocratie. Et en Afrique, la démocratie électorale ne saurait se satisfaire du décompte numérique des Commissions dites indépendantes qui ne garantissent aucune crédibilité à cause du voile de suspicion dont les contextes de leur création les couvrent.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ne nous demandons plus où sont passées toutes ces nations indépendantes africaines qui ont  célébré ou qui s’apprêtent à célébrer leurs « indépendances ». L’Afrique aveuglée par extraversion politique n’a pas perçu le calcul d’une Europe aux voix discordantes par ailleurs, mais dont la Côte d’Ivoire accélère subitement l’unanimité. La cause est sans doute entendue, mais l’unanimisme occidental ne sera pas une leçon de démocratie pour l’Afrique du XXIème siècle. Cet unanimisme suspect confirme que pour les intérêts de l’un des leurs, l’Europe a résolu de faire corps et chorus, d’étouffer toute velléité de liberté en Afrique, quitte à installer au pouvoir ceux-là même qui, la veille, ont mis à feu et à sang le pays qu’ils s’impatientent aujourd’hui de gouverner. Ils seront sans doute au gouvernement ; mais quel gouvernail tiendront-ils ? La Côte d’Ivoire ne s’expose-t- elle pas au risque d’être gérée par procuration, par un simple gouverneur colonial aux ordres de la Sainte Union de l’Europe coloniale ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    L’unanimisme européen aura cependant atteint son objectif : entraver l’unification d’une nation en passe de panser ses blessures, et en faire un territoire ingouvernable. Cette manière qu’a l’Internationale colonialiste de se croire indispensable à l’Afrique crée de nombreux emplois pour l’Europe ; mais l’ingouvernabilité de la Côte d’Ivoire ne profitera à aucun Africain. Il est possible qu’elle ne profite même pas à l’Occident. Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation l’instaure activement par fébrile avertissement à tout autre dirigeant africain qui aurait des démangeaisons de liberté et des velléités de souveraineté. Des morts, l’on en compte déjà. Mais qu’est-ce qu’un génocide de plus pour la machine coloniale ? L’histoire de l’Europe est d’une richesse écarlate : l’on y apprend que l’Europe sait toujours comment multiplier les fosses communes pour se faire de l’espace chez les autres. Mais pour avoir cautionné ce flagrant déni de souveraineté en Côte d’Ivoire, l’ONU a gagné en déshonneur et en dépréciation. Il devient de peu d’intérêt que l’ONU y ait été poussée par une Europe manœuvrière désireuse de recoller provisoirement ses propres morceaux. En ce XXIème siècle naissant, l’Afrique en charcuterie aura néanmoins servi à unir l’Europe dans une Internationale colonialiste sous protection de l’ONU…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    On n’arrête pas le progrès. Et le progrès que le XXIème siècle s’apprête à enregistrer s’observe en Afrique, par la Côte d’Ivoire : la « Communauté internationale » aime désormais  si profondément l’Afrique qu’elle se mobilise sans calcul pour y imposer son mode de sélection des dirigeants, au nom de cette liberté, de cette démocratie et de cette humanité que, pendant de longs siècles, la même Communauté internationale a brutalement niées à l’Afrique. Ce vaste renversement de programme est un peu tardif ; mais par cette prestidigitation, d’aucuns espèrent gommer des siècles de cet esclavage, de ces massacres et de ces spoliations dont l’Occident refuse de parler par négationnisme et refus de toute repentance. A travers la Côte d’Ivoire, l’Occident déclare à l’Afrique un amour si subit, si débordant et si tyrannique qu’il ne veut surtout pas que de pauvres Africains se noient dans leurs barils de pétrole, s’intoxiquent à l’uranium et s’aveuglent à l’éclat de leurs carats d’or ou de diamants. La « Communauté internationale » veut tellement le bien de l’Afrique qu’elle tient, pour ainsi dire coûte que vaille, à soulager le continent du poids écrasant de ses diverses dictatures : minières, forestières et politiques. Les principaux inspirateurs et acteurs de génocides africains tiennent tellement à libérer l’Afrique de ces dictateurs qu’ils en intronisent certains potentats dans le voisinage même de ceux qu’ils conspuent ou liquident, et dont le crime est d’avoir tenté de redonner quelque respectabilité à la « négraille inattendument debout » (Césaire). Mais quand l’Afrique n’aurait su produire que des dictateurs, il convient de retenir qu’à dictature égale, seule l’option nationaliste et patriotique compterait désormais pour l’Afrique. Et l’Afrique qui aspire à compter a reçu le message : soit se résigner à servir de plantation et de réserve de matières premières aux propriétaires autoproclamés du monde, soit travailler à définir elle-même, pour elle-même, ce qu’il lui conviendrait de progrès.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le progrès de l’Afrique ne semble pas avoir la démocratie électorale pour levain ; au-delà des urnes, ce progrès se perçoit et se construit dans une convivialité consensuelle en adéquation avec les fondements anthropologiques de la culture africaine. L’Afrique croisera son destin sans le rencontrer si, par paresse intellectuelle ou par démission politique, ses enfants souscrivent à cet unanimisme contre nature par lequel la « communauté occidentale » autoproclamée « internationale » par maquillage de ses préoccupations matérielles, manœuvre pour que l’uniformisation du monde à son profit exclusif passe pour un noble souci d’harmonisation profitable à tous.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Les dettes de liberté se paient en monnaie de vie. On sait quel prix Toussaint Louverture dut payer dans le Jura français pour avoir voulu libérer Saint Domingue devenue Haïti. L’encerclement fut total et asphyxiant pour la première république noire. Il fallait démontrer que les Nègres ne pouvaient pas, et ne pourraient jamais assumer un destin autre que l’esclavage. Deux siècles après, le même schéma se reproduit, mais en terre africaine et de manière plus subtile, l’Internationale colonialiste ayant excipé de la démocratie électorale pour perpétrer l’embastillement d’une autre république noire en quête d’indépendance.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    L’histoire africaine est d’une richesse pédagogique inépuisable. A chacun de nous d’en tirer ses propres leçons, pour l’avenir des Peuples d’Afrique – qui se conjugue au présent, au-delà d’un nommé Gbagbo.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Par Pr. Charly Gabriel Mbock,  in La Nouvelle Expression (Cameroun), le 21 janvier 2011<o:p></o:p>

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  •      Taraudé par un passé colonial qui passe mal en France, l'africanisme se targue ad libitum d'observer le continent africain du point de vue de Sirius. Son but essentiel, cependant, semble avoir été d'anthropologiser les Africains tout en contribuant à dilater les dimensions de l'Hexagone. Une discipline ectopique, qui n'aurait dû se borner qu'à un « regard d'appoint » et laisser les Africains se réinventer eux-mêmes en générant leurs propres savoirs, l'africanisme a eu, au contraire, l'ambition d'expliquer l'Afrique aux Africains eux-mêmes.<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    Écrite à l'aune d'une France qui n'a jamais cessé de considérer l'Afrique comme tout ensemble le miroir de sa grandeur et le « cul de sac du monde », la « science » africaniste n'a su remettre en question les linéaments de la politique foccartienne de la France en Afrique. <o:p></o:p>

    Cet ouvrage interroge donc le sens du savoir sur l'Afrique généré par l'africanisme en France et les imbrications entre ce savoir et le pouvoir désormais contesté du modèle (post)colonial français aussi bien en Afrique que dans les banlieues françaises où vivent en grand nombre les descendants des sujets français d'Outre-mer.<o:p></o:p>

    <o:p></o:p>

    Ch. Didier Gondola est Associate Professor d'histoire de l'Afrique à Indiana University - Purdue University à Indianapolis. Il est l'auteur de Villes miroirs : migrations et identités urbaines à Brazzaville et Kinshasa (1997), The History of Congo (2002) et d'un grand nombre d'articles sur les cultures populaires en Afrique et dans la diaspora.<o:p></o:p>

    Editions L'Harmattan. - ISBN : 978-2-296-03849-3<o:p></o:p>

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  • SASSOU NGUESSO : LE DICTATEUR CONGOLAIS BIENTOT A L’ELYSEE ? <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    De source diplomatique congolaise, nous apprenons que le dictateur congolais, Sassou Nguesso, sera reçu dans quelques jours au Palais de L’Elysée à Paris. Cette visite boudée par le nouveau gouvernement français aurait été imposée à l’actuel Président par une constellation de personnalités françaises du monde politique et des affaires. Elles sont les patrons de la françafrique, cette nébuleuse néo-coloniale qui fabrique et soutient des dictateurs et dont Sassou Nguesso, est l’une des meilleures recrues. Dirigeant d’un pays pétrolier qu’il gère avec sa famille, il  représente pour ces mafieux un grand intérêt. D’où l’empressement que ces patrons affichent pour l’accréditer auprès du nouveau pouvoir français. C’est donc fort de ces soutiens que le dictateur congolais avait exigé de ses rabatteurs, qu’il fut le premier sur la liste des présidents africains que devait recevoir le tout nouveau président français.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

     Mais les Services officiels avaient préféré commencer par une Dame, <?xml:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" /><st1:PersonName ProductID="la Pr←sidente" w:st="on">la Présidente</st1:PersonName> du Libéria. Bongo alias Ondimba, lui emboîtait ensuite le pas et depuis, bien d’autres. Sassou outré, se serait plaint auprès du patron de Bolloré à travers un certain monsieur Michel Roussin, ancien ministre de Chirac et un habitué des tribunaux français. Un homme qui a joué un rôle important dans le processus qui a ramené l’homme de mpila au pouvoir. Il fut d’ailleurs l’un de ses anciens officiers traitants. Malgré cela, Sassou ne comprend toujours pas pourquoi il n’est  pas encore reçu à l’Elysée. Dans les milieux politiques français, plusieurs facteurs seraient à l’origine de ces reports. Trois sont particulièrement cités:<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    1° l’ingratitude d’un Sassou : Le 10 janvier 2007, à l’annonce de la décision de <st1:PersonName ProductID="la Cour" w:st="on">la Cour</st1:PersonName> française de Cassation réhabilitant la procédure sur l’Affaire des Disparus du Beach, les violents propos tenus par monsieur Sassou Nguesso à l’endroit de <st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName>, de ses Dirigeants et des Chefs d’Entreprises françaises opérant au Congo faisaient injure à toute <st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> et relevaient  de l’ingratitude. Car tous savent que ce général, décrié au sein de la population congolaise et pendant la conférence nationale avait été révoqué par le Peuple à la suite des élections démocratiques en 1992. Il est revenu sur le fauteuil présidentiel congolais à la suite d’un coup d’Etat militaire auquel <st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> à travers Chirac n’était pas étrangère. Comment pouvait-il oser surtout faire brûler le drapeau français et encore à Brazzaville?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ces propos et ces actes devant l’ambassade de France à Brazzaville avaient été jugés inacceptables. Des conseillers n’ont pas hésité à réfléchir sur des sanctions comparables à celles infligées à Mobutu Séséseko, Bokassa et tout récemment à Patassé. Pour eux, sans <st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName>, il serait encore en train de fuir les poursuites judiciaires pour crimes divers.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais les réactions des Conseillers sont-elles celles de leurs Chefs qui savent toujours plus sur les dessous des affaires et les tribulations des suppôts? La réponse à cette question est profonde lorsque l’on sait que ce même Sassou s’était permis de déclarer dans ses milieux intimes, qu’il avait la capacité de provoquer un « tsunami politique en France » et même de mettre au pain sec certaines personnalités de ce pays. C’est certainement pour cette raison que Chirac avait géré cette affaire qui humiliait <st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> presque genoux à terre. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le nouveau Président français connaît bien Sassou Nguesso dont- il sait, qu’il ne tire pas sa légitimité du peuple congolais, mais plutôt de l’appui des individus aux pratiques douteuses. Ministre dans plusieurs gouvernements français, l’actuel Président sait aussi que Sassou est revenu au pouvoir au prix des milliers de morts et ce avec la contribution de Chirac son parrain et du ténébreux Jacques Foccart. Tout le monde sait aussi que  Chirac, durant tous ses mandats a porté Sassou dans sa tête et sur son dos et partout.  Les congolais, victimes permanentes de cette amitié nocive ont fait de Chirac comptable des crimes de Sassou. Monsieur Sarkozy ne veut ni ressembler à Chirac ni prendre sa place dans ce système mafieux. Il estime que son dos c’est pour porter les français et non des dictateurs africains qui affament et tuent leurs populations. D’où sa répulsion pour cet homme. L’histoire macabre de Sassou et la complicité déclarée de certains de ses prédécesseurs justifient la politique de rupture surtout avec les tyrans africains.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Monsieur Sassou doit donc cesser de croire que le soutien français lui est éternellement acquis, et, qu’il peut s’en servir comme d’un blanc-seing pour continuer à bloquer la démocratie et  commettre les plus graves atrocités contre les populations congolaises, certain que <st1:PersonName ProductID="la France" w:st="on">la France</st1:PersonName> lui assurera toujours cette impunité comme au temps de Chirac. Les congolais veulent bien croire à cette rupture et en attendent les premiers signes. Cette attente est fondée dans la mesure ou des tenants du pouvoir croient fort à la magie du pétrole.  <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ibovi François, un Ministre congolais, des plus intégristes d’ailleurs, choisi beaucoup plus pour sa parenté d’avec Sassou que pour ses compétences, disait à des parents des disparus du beach ce qui suit…. "Notre pétrole sera notre meilleur Avocat. Où que vous alliez…que ce soit auprès de la justice congolaise ou française…notre pétrole nous défendra..." Il précisait par ailleurs qu’il en serait ainsi même au sein des milieux de l’ONU.

    <o:p> </o:p>

     Même si les événements l’ont démenti en partie, Sassou compte toujours sur le pétrole par lequel il renforce ses accointances avec tous les milieux mafieux rayonnant en Europe et surtout en France. Les crimes l’ont rendu tellement borgne qu’il ne voit aucune limite. Pour lui, le ciel est bleu, l’horizon est clair. Il n’a aucun souci à se faire tant que le pétrole coulera dans les réservoirs de TotalElfFina. Comme son gendre Bongo Ondimba, il déclare que toute personne a un prix. Sassou voudrait dire qu’il n’a rien à craindre des changements intervenus en France. Grâce au pétrole dont il a fait sa propriété, il croit mettre dans sa gibecière les nouveaux dirigeants français. Mais qui vivra verra…  <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    D’ailleurs, parlant des changements politiques intervenus en France, monsieur Sassou Nguesso pour se donner bonne conscience a fait reproduire à des centaines d’exemplaires par les services d’un certain Pigasse, ce mercenaire de l’information, une vidéo montrant monsieur Nicolas Sarkozy avant les élections, déclarer au sortir d’un entretien avec Sassou ce qui suit ….monsieur Sassou est un grand homme… un démocrate et un humaniste…avec qui j’ai des rapports amicaux depuis de longues années… C’est un homme bien… C’est un grand frère…. Fin de citation. Sassou calme par cette vidéo tous ceux de son pouvoir qui pourraient s’inquiéter pour le retard que prend sa réception à l’Elysée. Tous les griots françafricains munis de cette vidéo déclarent que ce retard n’est pas le signe  de la disgrâce d’un personnage et d’un régime de la part de l’Elysée.     <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Vidéo ou pas, Sassou Nguesso doit se rappeler que monsieur Nicolas Sarkozy a fondé sa campagne sur une politique de rupture. Sa politique africaine pourrait ne pas correspondre à celle d’un Chirac qui a fait de Sassou le boucher des populations du Congo.<o:p></o:p>

    Au Congo même nous disons…Attention pila mossi kéba…Car le nouveau Président français qui prône le changement veut réellement se démarquer de la politique nocive de son prédécesseur qui créait et soutenait les dictatures africaines. Des signes évidents le prouvent notamment dans la composition de son gouvernement.  <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    2°- La nature criminelle de son régime qui fait de Sassou Nguesso l’un des plus cruels dictateurs du moment au monde. Après avoir fomenté un coup d’Etat militaire contre les Institutions démocratiquement établies le 5 juin 1997, Il organise en décembre 1998, une croisade militaire particulièrement meurtrière à caractère tribalo régionaliste contre des populations civiles des régions spécifiques du congo. Tout Président de <st1:PersonName ProductID="la R←publique" w:st="on">la République</st1:PersonName> qu’il se prétend, Sassou fera détruire tous les villages et toutes les infrastructures vitales. Il abandonnera sans assistance des milliers de citoyens dans des zones de savanes, inhospitalières, en même temps qu’il fera ajuster les canons de son armée selon la pénible progression des réfugiés. Ces opérations militaires seront plus meurtrières que celles du Darfour et très proches de l’hécatombe du Rwanda. Les médias du monde n’auront pas le droit d’en parler. Car il fallait protéger Sassou Nguesso, avait décidé monsieur Chirac. Malgré cela, ces crimes abominables poursuivront Sassou où il se trouvera.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    3°- Le moment : Il faut ajouter aux raisons de ces reports, le fait que cette période coïncide d’avec le programme de <st1:PersonName ProductID="la Cour" w:st="on">la Cour</st1:PersonName> d’Appel de Versailles, qui devra statuer sur certains points de l’Arrêt de <st1:PersonName ProductID="la Cour" w:st="on">la Cour</st1:PersonName> française de Cassation réhabilitant la procédure sur l’Affaire des Disparus du Beach. Les dirigeants français craignent en effet que la presse nationale et internationale ne se saisisse de la présence d’un dictateur sanguinaire à l’Elysée pour mettre en doute la politique africaine du nouveau Président français. Car en effet, la condamnation des autorités congolaises par la justice française dans cette affaire n’est pas exclue. La visite de monsieur Sassou pour le moment ne serait pas souhaitée.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Par contre, Sassou Nguesso qui sait que sa force réside exclusivement dans son soutien par des milieux mafieux de la françafrique, insiste pour que cette visite ait lieu et le plus rapidement possible. Tout refus pourrait faire croire à une baisse de crédibilité vis-à-vis de ses maîtres et sonner le glas de son pouvoir. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Enfin, Sassou qui attend en sa faveur et le cœur en bataille, la décision de <st1:PersonName ProductID="la Justice" w:st="on">la Justice</st1:PersonName> française, souhaiterait vivement se trouver en face du Président français avant le verdict pour exiger de lui, la destruction de ce dossier qui le rend fou. Nous savons aussi que depuis l’avènement du Président Sarkozy, les tenants de la françafrique infiltrés dans toutes les sphères, mouillent leurs chemises pour tenter de sauver des mailles de <st1:PersonName ProductID="la Justice" w:st="on">la Justice</st1:PersonName> française le dictateur congolais.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

     BINDIKA PHILIPPE

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    "L'ascension sociale se faisant sans échelle, ceux qui se dégagent et s'élèvent ne peuvent que monter sur les épaules et sur la tête de ceux qu'ils enfoncent.." (Lanza Del Vasto).
     

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  • Jean ZIEGLER écrit : "L'Empire de la honte" 

    EXTRAIT (p.81) :

    Les pays pauvres se tuent au travail pour financer le développement des pays riches. Le Sud finance le Nord, et notamment les classes dominantes des pays du Nord. Le plus puissant des moyens de domination du Nord sur le Sud est aujourd'hui le service de la dette.

    Les flux de capitaux Sud-Nord sont excédentaires par rapport aux flux Nord-Sud. Les pays pauvres versent annuellement aux classes dominantes des pays riches beaucoup plus d'argent qu'ils n'en reçoivent d'elles, sous la forme d'investissements, de crédits de coopération, d'aide humanitaire ou d'aide dite au développement.

    En 2003, l'aide publique au développement fournie par les pays industriels du Nord au 122 pays du tiers-monde s'est élevée à 54 milliards de dollars. Durant la même année, ces derniers ont transféré aux cosmocrates des banques du Nord 436 milliards de dollars au titre du service de la dette. Celle-ci est l'expression même de la violence structurelle qui habite l'actuel ordre du monde.

    Point n'est besoin de mitrailleuses, de napalm, de blindés pour asservir et soumettre les peuples. La dette, aujourd'hui, fait l'affaire (...).

    Extrait tiré du livre de Jean Ziegler, "L'empire de la honte", Ed. Fayard, Paris, 2005. - ISBN : 978-2-213-62399-3

    --
    "Plus un ordre viole la nature, l'habitude et la norme, et plus l'usage de la violence lui est indispensable" (Lanza Del Vasto)


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  • DE LA LANGUE AUX « NON-ARYENS » DEMAIN ?<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    TOUS A NOS LANGUES RESPECTIVES : <o:p></o:p>

    LE TOP EST DONNE PAR LA FRANCE DROITIERE<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Un débat ouvert et à enrichir<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Il n’y a pas au monde un seul pays où il n’y a pas d’étrangers. Partout où il y a un être humain, il y a un étranger. Partout, à travers le monde, sur tous les continents, dans tous les pays, on rencontre des Français et des personnes de diverses nationalités.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    A travers le discours de M. Nicolas Sarkozy, il est facile de comprendre que, selon lui, les malheurs de la France, le chômage, seraient du fait des étrangers, des immigrés. Soit. Mais au regard de la tournure que prend la situation, comment fera-t-on pour reconnaître dans la rue celle ou celui qui est immigré et celle ou celui qui ne l’est pas ? Dans ce pays, il y a des Noirs, des Arabes, des Jaunes et autres Bronzés Français. On dit que ce sera la tâche de la Police et la Gendarmerie pour débusquer les « indésirables ». <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Seulement voilà, les Policiers et les Gendarmes sont aussi des êtres humains. Avec l’avalanche des lois déjà existantes, ils sont déjà débordés. Pour leur faciliter la tâche, ne serait-il pas plus judicieux, comme cela s’est fait il n’y a pas très longtemps, d’instaurer un système qui puisse faire en sorte que l’étranger vivant en France soit facilement repérable et reconnaissable dans la rue, et éviter ainsi aux autres les tracasseries policières inutiles ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Cela étant, ne serait-il pas préférable qu’on délivre à tous les étrangers ou immigrés des badges jaunes ou rouges sur lesquels sera imprimée la lettre « E » comme étranger bon à expulser ou « I » comme immigré, être indésirable ? Ce qui les distinguerait des autres Noirs, Jaunes et Arabes qui, eux, sont Français, à moins qu’on mette tout le monde dans le même sac, et peu importe qu’ils soient Français ou pas, le seul critère étant la couleur de leur peau. La solution la plus facile à ce problème épineux est qu’il faut donc que tous les étrangers, tous les immigrés se mettent à porter sur leurs habits un badge frappé d’un « E » ou d’un « I ». Ce badge peut être métallique ou plastifié (style pin’s) ou en tissu, avec la lette « E » ou « I » imprimée en rouge ou jaune.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Tout être humain ayant décidé de vivre dans un pays autre que le sien propre où il est né est obligé d’apprendre et de savoir parler, lire et écrire la langue du pays qui l’a accueilli. Cela est aussi vieux comme le monde. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais que cette nécessité soit un programme ou un thème de campagne électorale, cela devient inquiétant, très inquiétant. Non pas seulement pour ceux qui vivent en France métropolitaine et dans ses DOM-TOM (colonies déguisées), mais aussi et surtout pour les Français qui aiment voyager, qui aiment élire domicile aux quatre coins du monde, où ils se trouvent souvent en terrain ou territoire conquis. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Devant cette surenchère, je ne crains qu’une chose : « la réponse du berger à la bergère » ou « l’arroseur arrosé ». Je crains simplement que l’arroseur ne soit arrosé à son tour. Ceci dit, pourquoi les Chinois, les Japonais, les Russes, les australiens, les Néo-Zélandais, les Danois, les Allemands, les Suédois, les Finlandais, pour ne citer que ceux-là, n’exigeraient-ils pas, à leur tour, des Français d’apprendre leurs langues depuis la France avant de partir y vivre ? Pourquoi les Africains n’exigeraient-ils pas qu’un Européen en général, et un Français en particulier, apprenne depuis son pays, le lingala, le kikongo, le wolof, le mandingue, le swahili, l’arabe, le sango, etc., avant d’émigrer dans les pays où ces langues sont pratiquées ? <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Hier, la France a décidé et imposé la Carte de séjour et le visa obligatoire à tous les ressortissants des pays pauvres en particulier. La mesure s’est généralisée partout, même si les Consulats africains les délivrent avec beaucoup plus de condescendance, de facilité aux occidentaux qu’ils n’en délivrent, eux, surtout aux Noirs et aux Arabes, avec la même promptitude.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Aujourd’hui, après les visas, c’est au tour de la langue, notamment le français. Demain, après la langue ce sera autour de la couleur de la peau. Demain, on demandera aux non-Blancs de devenir d’abord Blanc avant d’émigrer vers les pays des Blancs. Et l’inverse sera aussi possible. Les Noirs et les Arabes demanderont aussi aux Blancs de se faire Noirs ou Basanés pour prétendre vivre dans un pays non-européen. Ainsi, des « NON-BLANCS » on passera aux « NON-ARYENS », comme aux siècles derniers. Pourquoi, comme sous la IIIème République, ne pas faire réimprimer des timbres-poste sur lesquels sera imprimée la mention : « SAUVONS LA RACE » ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le débat que vient de soulever M. Nicolas SARKOZY est un faux débat. Cependant le problème qu’il pose est dangereux pour l’humanité, car au-delà de son exigence se profile et se cache une arrière-pensée, un « NON-DIT » mal camouflé, tellement il est limpide. Il se résume par une simple phrase : LA CULTURE DE LA HAINE DE L’AUTRE ou LE REJET DE L’AUTRE qui, elle, risquera d’entraîner ou d’engendrer des comportements inacceptables et très regrettables. Dommage que la France, le pays des Lumières, la Patrie des Droits de l’Homme en soit réduite à ce point ! Mais une question tout de même, la langue française serait-elle en perte de vitesse ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Tous les grands-parents et parents de M. SARKOZY savaient-ils tous parler, lire et écrire le Français avant d’émigrer et de débarquer en France ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le pire, dans tout ça, est que c’est comme ça que ça commence.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Hier encore, on est parti de l’exclusion des « Non-Blancs » à la barbarie institutionnalisée avec la destruction des Indiens, l’anéantissement des Noirs dont on a fait une marchandise. Puis on réactualisera le poids idéologique de la suprématie blanche (exclusion des « non-Blancs » et des « non-Aryens »). Le politique qui devrait éduquer son peuple et lui dire que l’homme est universel, qu’il est interdit d’exclure, de rejeter l’autre, est le premier à sacraliser cet interdit. D’ailleurs le thème de la génétique n’est pas innocent. Il a été employé, utilisé à dessein. A ce rythme et au train où vont les idées, demain on répétera qu’un Noir ou un Arabe n’est pas un être humain, un homme. On reviendra aux vieilles recettes des XIIIème et XIVème siècle. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    M. SARKOZY a sa langue, mais pas toutes les matières premières dans son pays. Il n’a que des idées. Et demain, si ces autres peuples qu’il répugne et dont il refuse de reconnaître les souffrances et les atrocités subies refusaient de parler sa langue et lui disaient qu’avant d’exploiter nos richesses, il faut d’abord apprendre nos langues ? Soulèvera-t-il des armadas, des troupes et des blindés pour aller mâter ces « insoumis » et ces « sauvages » ? Car c’est avec ces vocables qu’on les désignera, comme par le passé. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En tout cas, j’ai la faiblesse de penser que cette affaire de la langue soulevée par le candidat à la présidence française de 2007 est une affaire qui risquera d’aller plus loin et risquera de poser ou entraîner d’autres problèmes auxquels son géniteur n’a certainement pas pensé. J’ose tout de même espérer qu’il a mesuré toute son ampleur.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Pour éviter les hordes de Nègres aux frontières de la France…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En posant le problème de la langue qui serait un handicap majeur pour certaines catégories humaines, M. Sarkozy voudrait par là essayer d’endiguer le problème de l’immigration. Quoi de plus normal que de vouloir réguler le flux migratoire, même si depuis la nuit des temps l’homme a toujours voyagé et qu’il est un éternel immigré.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le disant, nous savons tous que les premiers visés, ce sont les Arabes et les Noirs d’Afrique, ces indésirables dont les parents ont versés leur sang pour un pays qui ne les reconnaît plus, un pays ingrat. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    M. SARKOZY omet volontairement qu’il existe, encore aujourd’hui, ce que les Africains appellent « LE PACTE COLONIAL ». Récemment, il a reçu les barons de la Françafrique, les piliers de ce pacte colonial. Mais qu’est-ce que c’est le pacte colonial pour lequel il ne dit mot ni ne dénonce?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le pacte colonial, selon l’Encyclopédie Universelle Larousse, est un répondant « de la conception mercantiliste de la colonisation qui visait à l’enrichissement de la métropole. Il stipulait : l’interdiction totale ou partielle du marché colonial aux produits étrangers ; l’obligation d’exporter les produits coloniaux exclusivement ou principalement vers la métropole ; l’interdiction, par la colonie, de produire des objets manufacturés, son rôle économique se bornant à celui de productrice de matières premières et de débouché commercial ; le traitement de faveur accordé par la métropole aux produits coloniaux, accompagné d’une aide politique, militaire, culturelle et souvent économique, fournie par la métropole. » (1)<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ce pacte depuis la fin officielle de la colonisation s’est transformé en un étatisme qui a perturbé tous les sens des Africains des pays dits « anciennes colonies françaises » qui, aujourd’hui, sont à la recherche d’un sens à donner à leur existence individuelle et collective. La guerre absurde que leur mène la France est fondée sur l’idée tout aussi absurde que l’Etat ivoirien, par exemple, est géré par des hommes incapables de défendre et protéger les intérêts français en Côte d’Ivoire. On a beau réfléchir sur le sens à donner à un reproche, il est impossible d’en trouver un qui soit rationnel. Peut-on pour autant se résoudre à l’absence de sens dans cette vie d’Africains originaires des contrées les plus pauvres dans un monde rapide, avancé et qui ne nous attend pas ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    L’absence de sens pour ceux qui ne peuvent s’y résoudre fait de nous des gens absurdes au sens que la philosophie donne à ce concept. La recherche permanente de sens conduit aujourd’hui les Africains à se révolter. La France ne fait que continuer une politique huilée des différentes autorités politiques françaises vis-à-vis de l’Afrique noire. Tromperie, dissimulation, simulation et autres coups tordus sont monnaie courantes pour déstabiliser des régimes ou pas, selon qu’ils sont ou non définis par le monarque comme non-conforme ou politiquement incorrects.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Absurdes, à l’heure de la mondialisation, sont les vestiges des relations coloniales qui marquent de nombreux esprits en Afrique et en France. Vous n’êtes pas capables de défendre les intérêts de la France, dit-on. Vous n’êtes que des anarchistes, dit-on dans les milieux de « distributeurs » de pouvoir en Afrique, à vouloir refonder l’ordre établi depuis toujours.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Depuis, les Africains n’ont pas arrêté d’entendre ces reproches. Tous, au sein de la monarchie française et autour d’elle, en Europe comme en Afrique, regrettent la belle époque des « Vieux dirigeants », ces béni-oui-oui, où il n’y avait ni fascistes au pouvoir, ni anarchistes dans les rues. Quelle époque ! disent en cœur tous les nostalgiques du pacte colonial.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais lorsqu’on écoute ceux qui soutiennent ces thèses, à l’exception de quelques-uns sur lesquels ils ont la main mise, les pays africains seraient aujourd’hui mal gouvernés, par des incapables et des inexpérimentés. Mais d’où vient-il que nous soyons incapables ? Mais qu’est-ce qui leur permet de dire que nous sommes des inexpérimentés ? Comment était donc cette belle époque que tant de nostalgiques réclament à cor, à cri et à kalach ? <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Aujourd’hui en Afrique, les meilleurs chefs d’Etat sont ceux qui ont reçu l’onction et la bénédiction de Paris. A ce sujet, j’ai déjà dit et écrit : « Le principe du pouvoir en Afrique d’expression française (anciennes colonies) est simple. Celui qui remue la queue, rampe, lèche les bottes et garantit les "intérêts de la France", même s’il est mondialement reconnu criminel, celui-là est jugé apte à "gouverner" ses compatriotes ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Pour répondre à ces questions et rechercher un sens rational à ces reproches, regardons le fond des relations françafricaines, pivot de la « mafiafrique », depuis l’indépendance. Ces périodes ont et sont encore marquées par l’étatisme qui n’est rien d’autre qu’un totalitarisme discret qui se traduit par l’idéologie du développement économique impulsé par la coopération interétatique, la solidarité obligatoire entre les Etats, l’aide publique au développement et le refus de la liberté et de la démocratie pour les populations dont les pays sont supposés bénéficier des bienfaits de cet étatisme. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En voici l’exemple qui n’est qu’un extrait de toute une panoplie de textes aujourd’hui devenus caducs et auxquels il ne faut surtout pas toucher, au risque d’être réduit au silence éternel :<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    I - TRANSFERT DE COMPETENCES SANS INDEPENDANCE<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    L'Accord particulier portant transfert des compétences de la Communauté à la République de Côte d'Ivoire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le gouvernement de la République de Côte d'Ivoire d'une part, le gouvernement de la République française d'autre part, ont convenu de ce qui suit :<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article premier - La République de Côte d'Ivoire accède, en plein accord et amitié avec la République française, à la souveraineté internationale et à l'indépendance par le transfert des compétences de la communauté.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Art .2 - Toutes les compétences instituées par l'article 78 de la Constitution du 4 Octobre 1958 sont, pour ce qui la concerne, transférées à la République de Côte d'Ivoire, dès l'accomplissement par les parties contractantes de la procédure prévue à l'article 87 de ladite constitution.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Fait à Paris, le 11 Juillet 1960<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Félix Houphouët-Boigny<o:p></o:p>

    Michel DEBRE<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    II - TOUTES LES RICHESSES RESERVEES A LA FRANCE<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    ANNEXE A l'accord de Défense entre la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey, la République Française et la République du Niger concernant la coopération dans le domaine des matières premières et produits stratégiques.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Afin de garantir leurs intérêts mutuels en matière de Défense, les parties contractantes décident de coopérer dans le domaine des matériaux de Défense dans les conditions définies ci-après:<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article premier : Les matières premières et produits classés stratégiques comprennent: <o:p></o:p>

    - Première catégorie : les hydrocarbures liquides ou gazeux ;<o:p></o:p>

    - Deuxième catégorie : l'uranium, le thorium, le lithium, le béryllium, leurs minerais et composés. Cette liste pourra être modifiée d'un commun accord, compte tenu des circonstances.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 2 : La République Française informe régulièrement la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger de la politique qu'elle est appelée à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques, compte tenu des besoins généraux de la Défense, de l'évolution des ressources et la situation du marché mondial.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 3 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger informent la République Française de la politique qu'elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu'elles se proposent de prendre pour l'exécution de cette politique.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 4 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger facilitent au profit des forces armées françaises le stockage des matières premières et produits stratégiques. Lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 5 : La République Française est tenue informée des programmes et projets concernant l'exportation hors du territoire de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger des matières premières et des produits stratégiques de deuxième catégorie énumérés à l'article premier.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En ce qui concerne ces mêmes matières et produits, la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger, pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République Française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 6 : Les Gouvernements procèdent, sur les problèmes qui font l'objet de la présente annexe, à toutes consultations nécessaires.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Fait à Paris, le 24 avril 1961<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Félix HOUPHOUET-BOIGNY<o:p></o:p>

    Hubert MAGA<o:p></o:p>

    Michel DEBRE<o:p></o:p>

    Hamani DIORI<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Je le répète, ces textes sont « universellement propres » à tout l’univers africain francophone du pré carré français, pour les deux groupes ou zones qui constituent les colonies françaises d’Afrique, à savoir : l’ancienne Afrique Occidentale Française (AOF) et l’ancienne Afrique Equatoriale Française (AEF). Le texte de ces accords prétendus soumis à signature est le même. Il suffit de remplacer le nom de l’Etat africain (ancienne colonie), le nom de son chef d’Etat et la date de signature, et le tour est joué. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Plus de quarante ans aujourd’hui, quarante-sept ans précisément, il est toujours interdit de toucher à ce marché de dupes, de truands, et de pilleurs séculaires qui consacre et sacralise le caractère kleptocrate de l’Etat français. Quiconque ose y toucher se voit lui tomber la foudre de Paris sur la tête. Le président Laurent Gbagbo de la République de Côte d’Ivoire, et bien d’autres avant lui, en ont fait les frais ou connu des déboires. Ceci explique les flux migratoires massifs Sud-Nord. Et tant que l’Europe en général et la France en particulier n’auront pas mis fin à ce pillage éhonté, à l’affectation et l’installation dans nos pays des « Préfets de région » ou des « présidents-gouverneurs généraux »  au service de la France, de surcroît criminels et kleptocrates, le problème de l’immigration Afrique-Europe (Sud-Nord) ne sera jamais réglé, et les pays dits du Nord, c’est-à-dire l’Europe, seront confrontés à cette immigration pour très très longtemps. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais, en revanche, on leur dit : « Laissez-nous piller les richesses de vos pays, restez chez vous et acceptez la mort. Inclinez-vous, abaissez-vous devant la loi du plus fort, du Maître ». <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Voilà en clair, le non-dit du vrai discours, du discours réel. M. Nicolas Sarkozy qui, il y a très récemment, était encore ministre de l’Intérieur, avec la connaissance de tous les réseaux qui s’y rattachent, doit bien connaître le mode opératoire pour ce faire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Alors, dans ces conditions, est-ce l’Afrique qui a besoin de la France ou est-ce la France qui a besoin de l’Afrique ? Qu’à cela ne tienne, « LAISSEZ-NOUS VIVRE !  NOUS AVONS DROIT A LA VIE, A LA PAIX, A LA LIBERTE ET A LA DEMOCRATIE TOUJOURS BRISEES, ESCAMOTEES PAR LA FRANCE A TRAVERS SA VISION ET LA PRATIQUE DE SA POLITIQUE AFRICAINE ».  !<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Et, enfin, à quand la suppression de la « Cellule africaine de l’Elysée » d’autant qu’il existe en France un ministère de la Coopération, et au ministère des Affaires Etrangères une Direction des Affaires africaines ? A moins que cette cellule ne soit destinée à autre chose, la présidence de la République Française n’a-t-elle donc pas confiance en son gouvernement qu’elle a pris le soin de nommer elle-même ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Jean-Claude Mayima-Mbemba<o:p></o:p>

    Secrétaire Général de l’Organisation<o:p></o:p>

    AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL (AHVI)<o:p></o:p>

    http://www.africa-humanvoice.org<o:p></o:p>

    E-mail : contact@africa-humanvoice.org<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    (1)   – Professeur Koulibaly Mamadou, Les Servitudes du Pacte colonial, éd. CEDA / NEI, Abidjan (Côte d’Ivoire), 2005 ISBN : 2-86394-516-5  -  ISBN : 2-84487-251-4. <o:p></o:p>


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