• L’esprit libre : construire le Sud Congo

     

     

      « L’histoire est toujours le fil conducteur du futur. Celui qui l’ignore est contraint de la revivre. La puissance d’un dictateur ou d’un preneur d’otages s’arrête à la peur qu’il imprime. Nous avons vaincu cette peur depuis les meetings populaires de Brazzaville du 11 mai 2013 et de Pointe-Noire le 29 juin 2013.»

     

    Aux Nôtres…L’Etat du Sud Congo est créé au Nom de tous les nôtres assassinés et aussi de tous les nôtres pris en otage par le régime Sassou et au Nom de la paix pour protéger notre Peuple.

    21/08/2013 – 21/08/2014 :

    - Au bébé de 8 mois et à sa maman, le plus jeune prisonnier au monde, incarcéré pour crime de porter le même nom que celui du président du CDRC.

    - Aux 14 membres du CDRC privés de leur liberté citoyenne pris en otage par l’autocrate Denis Sassou et disséminés dans les geôles du Nord Congo pour avoir exigé la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et brandi des banderoles au cours d’un meeting populaire autorisé « Carton rouge = démission du gouvernement ».

    Il s’agit de :

    - Sylvain MIAKAMONA NZINGOULA, Paul Marie MABIALA MPANDZOU et Valentin TSIAKAKA condamnés à SEPT (7) ANS de détention ferme.

    - Judicaël MBANZA, Joseph KIMANGOU, Gilbert BIBILA, Antoine MABOYI, René SILAHO, Eloge MATSIMOUNA MOUYEKET, Pierre Placide KIALOUNGOU, Jean Claude TANDOU, Mesmin BANAGOUNA condamnés à CINQ (5) ANS de détention ferme.

    - Landry LONDE MOUSSA et Sylvain Privat NGOMA condamnés à DEUX (2) ANS de détention ferme.

    - Aux 14 autres membres du CDRC libérés après 8 mois d’emprisonnement.

    - A l’ensemble des familles des membres du CDRC incarcérés qui subissent la privation de leur parent au nom de rien sans avoir la possibilité d’aller leur rendre visite.

    - Au « trois quart (750 000) de million de personnes qui manquent à l’appel »

    - Aux 353 jeunes gens du dossier "disparus du Beach" qui ont été triés pour leur origine Kongo ; certains enfermés vivants dans des containers et jetés dans le fleuve Congo, d’autres jetés dans des fosses, aspergés d’essence puis brûlés vifs.

    - Aux 350 familles enterrées à Kimaza au Bas-Congo en RDC.

    Pour toutes ces victimes parce qu’ils sont nés Kongo du Sud Congo, il n’y a eu ni indignation ni condamnation des soi-disant opposants et des Congolais du Nord. Ce silence s’identifie à une approbation.

     

    Rien n’est plus difficile qu’une séparationL’Europe dans sa conquête des nouveaux territoires avait pensé, imaginé, préconisé pendant la Conférence de Berlin de novembre 1884 à février 1885 qu’il fallait pour le Bien des Peuples d’Afrique, constituer des Entités Régionales moyennant des contrats dépassant les limites ancestrales de nos royaumes autochtones. Pour le Congo, il fallait réunir au Peuple Kongo du royaume Kongo restreint depuis la rive droite du fleuve Congo jusqu’à l’Océan, les divers Peuples habitant au-delà de l’Alima. Cela bien avant l’arrivée des Européens. Qui n’aurait pas vu cela d’un bon œil puisque c’était pour le bien de tous sans discrimination ?

    C’est ainsi que nos Pères-Fondateurs scellèrent le pacte de la République du Congo Une et Indivisible le 28 Novembre 1958 où chaque individu serait un concitoyen à part entière sans discrimination aucune. L’indivision supposant le respect réciproque.

    Entre MSA/UDDIA. Entre Mbochi/Kongo qui se transforme en conflit avec une dizaine de morts et de blessés, cette difficulté de s’entendre entre Mbochi et Kongo est la conséquence immédiate du schisme congénital de la fondation de la République du Congo le 28 novembre 1958 « qui pousse le leader du MSA à soutenir Barthélemy Boganda dans le projet de "République du Centre-Afrique" où serait annexé le nord du Congo. Un projet de consultation par voie référendaire des populations du nord du Moyen-Congo (actuelles régions de la Cuvette, de la Sangha et de la Likouala) avait été envisagée en 1959 pour savoir si elles se maintiendraient ou non au sein de la République du Congo, dans ses limites territoriales confirmées par la Loi-cadre de 1956. Ce projet n’avait pas été conduit à son terme, malgré la préparation par le président de l’Assemblée législative, Christian Jayle, d’un texte dans ce sens. Aussi fallait-il, pour l’abbé Fulbert Youlou, construire un cadre politique capable de générer un certain type de gestion politique fondée sur l’efficacité, et une forme de consensus, qu’il obtiendra d’ailleurs à partir de sa réconciliation avec Jacques Opangault. » (Achille Kissita. Congo : trois décennies pour une démocratie introuvable, Ed. SED, Brazzaville, Congo, 1993).

    Rien n’est plus difficile qu’une séparation surtout lorsqu’on a cru pouvoir sceller une merveilleuse histoire en commun dans une République Une et Indivisible en présence de la France qui affichait officiellement sa volonté de nous apporter ses lumières et son progrès. Ainsi le dit le Général de Gaulle, Président de la Communauté Française, dans son Message à l’Abbé Fulbert Youlou, Premier ministre du Gouvernement provisoire du Congo « En complet accord et en pleine amitié avec la République Française, la République du Congo accède à la souveraineté Internationale ce 15 Août 1960. Brazzaville, ville pour toujours illustre dans le monde des peuples libres, hier haut lieu de la France combattante, aujourd’hui centre de développement de tout un peuple, devient la capitale d’un Etat Indépendant. Unis au sein de la communauté, la République Française et la République du Congo poursuivront fraternellement leur vœu. C’est mon vœu le plus ardent. Vive le Congo. Vive la France. » (Lettre du Général de Gaulle à l’Abbé Fulbert Youlou au sujet de l’Indépendance du Congo, 15 août 1960. DAM, Quai d’Orsay-REF/323 QONT 10).

    De ce vœu ardent, il nous reste de précieux, bien malgré elle, sa langue devenue aussi l’une des nôtres, si bien adaptée à véhiculer les connaissances et le progrès quels qu’ils soient.

    Mais l’assurance de ce vœu n’évacue pas les tensions malgré la réconciliation entre Jacques Opangault et Fulbert Youlou puisque Denis Sassou mènera une guerre contre les civils des régions du Sud Congo en 1998 pour « venger son frère tué dans le conflit de 1959 » dira-t-il. Il ira jusqu’à exiger de l’archevêque de Brazzaville de lui présenter des excuses pour qu’il arrête la guerre contre le Pool et les autres régions du Sud.

     

    Théophile OBENGA, initiateur de la scission, de la partition du Congo« … Il était question de guerres civiles [...]. Après c’est normalement tout le monde qui gagne avec le parti gagnant, pour bâtir ensemble avec toutes les ethnies, toutes les régions, toute la nation retrouvée [...]. A la fin des hostilités criminelles ce n’est pas l’une des 3 nations belligérantes qui a gagné mais bien le Congo à travers les vainqueurs [...]. Si les choses ne sont pas vues de cette manière, on aboutit à la scission, à la partition… » (Théophile Obenga, Pour le Congo – Brazzaville, Réflexions et Proposition, Ed. L’Harmattan, 2001).

     

    CQFD.

    Question pertinente : que Monsieur OBENGA dise qui sont ces trois nations belligérantes dans une République considérée a priori Une et Indivisible ? Et qu’elle est celle ou celles qu’il considère parmi les vainqueurs lesquels se sont rendus génocidaires des Kongo ?

    Depuis, la République qu’on croyait Une et Indivisible s’est « nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Le sang et les larmes des autres qui ont trop coulé. » La discrimination a pris le pas sur la concitoyenneté. C’est ainsi qu’il faut interpréter l’implication sous toutes les formes de Denis Sassou dans le jeu centrafricain. Créer la République du Centre-Afrique en incluant le Nord Congo. La volonté de modification de la Constitution du 20 Janvier 2002 obéit à l’impératif d’avoir la mainmise sur les devises du Sud Congo dont il a besoin pour finaliser la création de la République du Centre-Afrique en facilitant successivement l’arrivée au pouvoir de François Bozizé puis de Michel Djotodia à la condition d’être à son service. D’où la création d’une Banque Centrale à Oyo qui serait la capitale de cette Nouvelle République du Centre-Afrique. C’est ce que dit en substance François Bozizé sur RFI « on confie la médiation au Pompier-pyromane. » La création de l’Etat du Sud Congo est venue contrecarrer son dessein. C’est la raison pour laquelle Denis Christel Sassou, dans sa vidéo projetée lors d’un meeting en salle, traite les Sud Congolais de « vipères qui divisent le pays » et son père Denis Sassou dans son Message du 12 août devant son Parlement réuni en congrès qui acclame fiévreusement, s’adresse aux signataires de la requête qui ont déclaré la création de l’Etat du Sud Congo en ces termes « Evitons d’enfermer le Congo dans le piège des égoïsmes. Plaçons les intérêts supérieurs du peuple et de la nation au-dessus de tout. »

    Peut-on le condamner d’avoir rompu l’unité et l’indivision du Congo pour préserver les siens « des autres » ? Quelle réponse adéquate doit-on apporter à la rupture sibylline de cette indivision sous un tel prétexte aussi fallacieux ? Peut-on condamner les signataires de la requête de déclaration de l’Etat du Sud Congo, seul rempart pour la survie des populations du Sud, de vouloir échapper au génocide ? Vouloir préserver l’essentiel, le droit à la vie pour assurer notre sécurité en tant que les « autres » serait-il un crime ? Doit-on comprendre que les Congolais qui tiennent mordicus au semblant d’une République Une et Indivisible avec sa fausse paix et sa sécurité introuvable cautionnent le génocide commis par Denis Sassou ?

     

    Analyse du Message de Denis SassouDepuis le coup d’Etat du 5 juin 1997 qui lui a permis de reprendre le pouvoir, Denis Sassou a toujours œuvré pour la réalisation de l’Etat du Nord Congo avec l’appui des Plateaux pour la promesse de constituer le Grand Nord. La guerre de 1998 contre les civils avait pour but d’éliminer tous les cadres du Sud Congo pour accélérer la rupture de l’unité et l’indivision, sacrifiant la concitoyenneté au profit de la discrimination.

    L’analyse approfondie du Message sur l’état de la soi-disant Nation prononcé par Denis Sassou devant son Parlement réuni en congrès le mardi 12 août 2014, contrairement à ce qu’il pourrait paraître, n’est pas un chapelet de répétitions, comme radoter sur les mêmes promesses, les mêmes réalisations. Bien au contraire, le Message est un discours riche de vérités. Ce Message montre bien les avancées des réalisations. Le plus important est de savoir situer où ces avancées et ces réalisations extraordinaires ont été faites. Si on remplace le Congo par le Nord Congo dans tous ses discours, alors L’Espérance, La Nouvelle Espérance, Le Chemin d’Avenir, et le Message du 12 août 2014, devant le parlement réuni en congrès du PCT, sur l’état de la Nation (Nord Congo) mettent en exergue les étapes accomplies pour L’Emergence 2025 de l’Etat du Nord Congo.

    De l’invective et « des autres »

    « Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! » (Message de Denis Sassou le 12/08/2014)

    Mais qui l’invective, ceux qui font état du génocide des Kongo du Sud Congo, ceux qui font état des disparus du Beach dans les conditions atroces que l’on connaît ? L’Invective étant par définition une suite de paroles injurieuses contre quelqu’un. Où est donc l’injure à partir du moment où la personne qui l’énonce est à la plus haute fonction d’un système ayant conduit à un génocide programmé des populations du Sud Congo en vertu de la Politique Grand Nord de Denis Sassou pour faire main-basse sur l’ensemble du Sud Congo ?

    De la confiance

    S’agissant de la « confiance dans l’avenir et des sacrifices consentis par tous », dont fait état Denis Sassou dans son Message du 12 août 2014 devant son Parlement, ces propos impliquent, par le « consensus par tous », que tous ses compatriotes à partir de la rive gauche de la Léfini, puisqu’il qualifie ceux de la rive droite des « autres », étaient alors d’accord, ce que nous ne croyons pas, afin de pratiquer le génocide des trois quart de million de Kongo qui manquent à l’appel. C’est l’objet réel de la guerre contre les civils au Sud Congo entre 1997 et 2005 dont fait état Théophile Obenga.

    Ces propos marquent, dans l’esprit de Denis Sassou, sa volonté de génocide du Sud Congo en impliquant les siens, car le « par tous » ne peut impliquer le peuple Kongo lui-même, de la Léfini à l’Océan.

    Quelle audace à se prévaloir de « ses choix politiques » et de la confiance en eux « par tous », y compris ceux à qui s’appliquait sa « Politique Grand Nord » par son génocide systématique, de sa Guerre contre les Civils, pendant la « transition » 1997 à 2002. Est-ce à dire implicitement maintenant que le « travail » est fait par le génocide de trois quart de million de Kongo, que ceux du Nord doivent avoir « confiance en l’avenir tant les horizons paraissent ouverts et les perspectives prometteuses » ? Tous ces propos sont implicitement caractéristiques de la psychologie profonde de celui qui les prononce devant un tel parterre de la Représentation Nationale aussi contestable soit-elle, non pas par les Hommes, mais par l’adoubement autocratique.

    Et quel affront, de la part du génocidaire lui-même à venir dire : « Quel lourd tribut collectivement payé afin que s’ouvre à nous (nord Congo) la voie du renouveau et de la cohésion nationale ». Comment la victime peut aimer de plein gré son bourreau ? Encore un aveu se comprenant bien, en se positionnant du point de vue Grand Nord. Au mieux, ce vœu de « cohésion nationale » ne concerne que ceux du Grand Nord où multiples Peuples coexistent par la force des armes, non par la volonté du cœur, car au sud, de la Léfini à l’Océan, la cohésion nationale est de fait étant tous des Kongo. Ce que comprennent tout à fait tous nos partenaires pour la pérennité du commerce.

    D’où l’on déduit encore de ses propos la scission de Monsieur Sassou, sa volonté de construire l’ex-République du Congo en ayant attribué 99% du commandement aux ressortissants du nord et confisqué le produit de la totalité des richesses du sud, pour établir sur le sud une colonisation Mbochi noire substituée à une colonisation blanche. D’où les expressions du type dans les manuels scolaires édités ayant cours au Congo : Oko montre la mer à Taty. Oko, un ressortissant du Nord où il n’y a ni mer ni océan, se permet de montrer à Taty l’océan Atlantique, alors que Taty, ressortissant du Sud a toujours vécu en présence de l’océan. D’où aussi sa partition de l’ex-République imputable à la politique Grand Nord avec crimes avérés de Monsieur Sassou contre l’Humanité par le génocide massif des Kongo.

    De la vérité génocidaire à ne pas oublier et à restituer

    Monsieur Sassou entend des voix : il faut être bien jeune pour dire, ou faire dire, que « le Congo a toujours été tel qu’il est aujourd’hui » alors que c’est Lui sciemment qui l’a détruit. La vérité est simple, et l’on ne devrait jamais cesser de la restituer : c’est sa Guerre contre les Civils opérée en 1997 contre le Président Lissouba puis, dans le cadre de sa politique « Grand Nord » pendant la transition 1997-2002 pratiquée avec ardeur, folie meurtrière et un génocide de masse contre les Kongo, la cause, lequel implore « sa réconciliation nationale », un génocide qu’il vient qualifier de « tragédie de 1997 » ingénument, après avoir fait détruire et rendu « meurtri et exsangue » le Sud Congo.

    C’est cette vérité génocidaire que les Congolais du Sud Congo ne doivent jamais oublier et ne cesseront de restituer, et non pas comme il le dit : la « vérité que l’on (Vous Nord Congo) ne devrait jamais cesser de restituer », car la vérité officielle du point de vue Nord Congo n’est faite que d’omissions et de négationnisme.

     

    Aussi, le Message du 12 août 2014 se traduit aisément du point de vue Nord Congo, partisan que Denis Sassou a toujours été du Nord Congo jamais dans la soi-disant République Une et Indivisible : « redonner confiance et espoir au (Nord) Congo afin qu’il (Nord Congo) redevînt maître de son destin. C’est ce que nous avons fait. Ensemble (Nous, Nord Congo). Grâce à l’effort national (Nord Congo) que nous avons conduit sans relâche, avec patience et abnégation, nous (Nord Congo) avons réuni les conditions les plus favorables du développement de notre pays (Nord Congo ayant asservi le Sud avec commandement à 99% et capture de ses devises) ».

    C’est ce que le Peuple Congolais du Sud Congo vous reproche, « avoir substitué la noire à la blanche » et la raison pour laquelle Nous, Congolais du Sud Congo, avons toujours pris votre « Chemin d’Avenir » proclamé en 2009 pour un marché de dupe. Votre ambition affichée « de transformer le Congo, de le moderniser, de l’industrialiser en vue de le conduire avec assurance à la prospérité » n’étant pris que du point de vue Nord Congo en gardant les devises.

    De quelle paix, parle-t-on ?

    De quelle paix parle-t-il : « La paix est durablement établie. Le spectre de la violence est à jamais éloigné ». N’est-ce pas là le cri de victoire de trop qui montre que la Guerre contre les civils Kongo du Sud Congo était bel et bien entre le Nord et le Sud ? Et de poursuivre en clamant : « Les institutions politiques remplissent convenablement leur office conformément à leurs missions ». De quelles missions secrètes s’agit-il, d’asservir les Kongo du Sud Congo en dirigeant et confisquant tout pour le Nord ? N’est-ce pas reconnaître que toute Institution Politique au Sud est de fait asservie ? On comprend sa congratulation : « nous ne pouvons pas nous empêcher de dire que de grandes avancées ont été accomplies dans l’approche de nos objectifs », tout cela d’un point de vue nordiste destiné à maintenir sa gouvernance sur le Sud.

    Prise d’otages politiques entre Etat Nord Congo et Sud Congo

    Avec audace risible, l’affirmation autocratique « Notre démocratie s’affermit chaque jour ». De quelle démocratie, celle qui s’avère précaire avec sa prise d’otages politiques qu’il a capturés le 21 août 2013 à Pointe-Noire et jugés pour atteinte à la sûreté de l’Etat le 8 avril 2014 pour demande de démission du gouvernement et instauration d’un gouvernement d’Union Nationale, chef d’accusation connu le 31 mars 2014 avec un jugement du 8 avril 2014 libérant la moitié (14) des accusés, condamnant l’autre moitié (14) autres à de lourdes peines de prison ? Quant à moi-même, condamné par contumace à trente ans (30) de travaux forcés, équivalant dans l’esprit de l’Autocrate à un bannissement à vie de fait pour m’éloigner et me neutraliser. Lui qui vient d’auréoler feu le Président Nelson Mandela contre la colonisation blanche, surtout, en particulier contre le génocide blanc en Afrique du Sud, alors qu’il est lui-même l’auteur d’un génocide opéré par la colonisation Nord Congo sur les Kongo.

    Aussi, par ce texte, je tiens à interpeller la Communauté Internationale pour qu’elle se porte garante de la sécurité des Hommes emprisonnés à Pointe-Noire depuis le 21 août 2013, dispersés le 17 juillet 2014 par Monsieur Sassou dans les geôles du Nord Congo par groupe de deux ou trois de qui nous n’avons depuis plus aucune nouvelle. Les Autorités Internationales, tenues informées au jour le jour, suivent la situation, s’agissant d’une prise d’otages politiques entre les Etats Nord Congo et Sud Congo.

     Identité sémantique et Relativité politiqueIl est temps d’éclaircir une question d’Identité Sémantique et de Relativité Politique. Par un effet relatif, dire qu’il existe une entité dite Sud Congo implique de facto la reconnaissance de l’existence d’autres entités telles Nord Congo, Ouest Congo, Est Congo, sans être exhaustif, en ajoutant tous les qualificatifs en suffixe ou en préfixe possibles et imaginables, ayant toutes en commun la même racine moderne Congo. Il est très important de faire très attention à cette sémantique qui peut se retourner, car ceux au nord (rive gauche) de la Léfini ne sont pas en droit de porter l’ethnonyme ancestral de Kongo n’étant que Congo, mais seulement que dans le cadre de la République Unie de l’ex-Congo Brazzaville.

    Seule l’ex-République Unie du Congo Brazzaville pouvait le faire par un effet même de la République où ceux du Sud concédaient la consonance de l’ethnonyme Kongo en gage de bonne volonté à leur participation associative à la République naissante des Indépendances sous la forme écrite Congo, ayant même consonance que celle de Kongo, mais sans concession de leur ethnonyme Kongo.

    D’où la subtilité qui est le fondement même de la différentiation entre Kongo, étant un ethnonyme ancestral, inaliénable et incessible, et le vocable moderne Congo ayant même consonance, n’ayant en fait jamais concédé que la consonance, où Congo est l’usufruit de la consonance Kongo, et Kongo la nue-propriété de l’ethnonyme Kongo.

    D’où la subtilité à désigner la République du Sud Congo issue du partage contraint de la République Unie du Congo Brazzaville où les Kongo du Sud Congo apportaient la consonance de Congo à la République sans concession de leur ethnonyme Kongo, d’une part, et d’autre part, le qualificatif Brazzaville, ville Kongo du Sud Congo, siège de la capitale de la République Unie du Congo Brazzaville, pour la différencier de la République Démocratique du Congo, qui est aussi partiellement Kongo vers le Sud.

    Disons que, dans le cadre de l’ex-République Unie du Congo Brazzaville, la création de l’Etat du Sud Congo, vue de l’ancienne République dans le cadre moderne Congo, équivaut à la création de l’Etat Sud Kongo, vu des Pays d’ethnonyme ancien Kongo, lequel Etat Sud Kongo alias Sud Congo pour le différencier des autres Kongo des pays amis d’Angola, du Cameroun, du Gabon et de Kinshasa, mais cela vu relativement dans le cadre ancestral de l’aire géographique des Kongo.

    Aussi, dans ce poème du Sud Congo = Sud Kongo, il apparaît préférable de garder comme écriture l’ethnonyme Kongo qui fait référence à tous les Kongo ayant l’avantage d’être prononcé Congo dans le cadre du Sud Congo. L’écriture ou l’entendement Kongo/Congo est une diversité qui avait besoin d’être précisée :

     

    Kongo, ô Kongo,
    Mon beau Pays tant vénéreras,
    Sang pétri de nos Ancêtres,
    Ma belle Patrie tant aimeras.

    Kongo, ô Kongo,
    A ton si Grand Cœur Africa,
    A ton Étoile faite de splendeur,
    De Nos Ancêtres, guide, restera.

    Kongo, ô Kongo,
    Sang de tes enfants coulera,
    Contre Nous de la tyrannie,
    Mais Nkutu Mballa renaîtra.

    Kongo, ô Kongo,
    Pour ceux jamais ne reverrons,
    Larmes d’Ambre, Pleurs Kalunga,
    Maux et Malheurs encore souffrons.

    Kongo, ô Kongo,
    Debout, Enfants de la Patrie,
    Soleil Nouveau resplendira,
    En avant Kongo, avec Lambi.

    Kongo, ô Kongo,
    Altruisme de nos Pères, soyons,
    Libres et Solidaires, serons,
    Kongo et Progrès, bâtissons.
    Sous le Drapeau.

     

    Revenons au Message du 12 août 2014Peut-on se glorifier d’un système en déficit ?

    Pour revenir à ce discours d’intendance Nord Congo de Monsieur Sassou prononcé devant la dite Représentation Nationale le 12 août 2014, le préambule montre d’énormes insuffisances des connaissances financières internationales. Pour un chef d’Etat, il est impossible de se glorifier, ni d’un système en déficit, ni d’un système en excédent qui appelle nécessairement l’inflation. Et même si partout un système n’est sain par définition que s’il s’équilibre. Mais il n’est pas nécessaire de demander à un général d’avoir des principes profonds sur sa solde, et surtout sur la provenance des moyens financiers qui permettent ses rétributions. Et quant à dire que « la condition sociale s’améliore », d’où vient-on avec un revenu à moins d’un dollar par jour pour plus de la moitié de nos compatriotes, Nord et Sud ?

    Il n’est pas non plus nécessaire de souligner qu’entre rentrées et sorties, il existe une infinité de points d’équilibre !

    Donc, cette litanie sur les réalisations faites ou en cours n’influe en rien sur la qualité de vie de l’immense majorité des concitoyens. Tous les objectifs des entreprises ont pour but essentiel de vendre en externe sans se soucier du revenu dépensé au Pays. C’est un bât blessant, s’agissant de « communistes disant se soucier du Peuple ». Quand bien même une production se fera au Sud, les devises acquises iront au Nord. Et comme le revenu essentiel provient des ressources pétrolières lesquelles sont exprimées en devises, toute dite croissance ne provient que du marché international. Donc, une croissance exogène aléatoire s’opposant à une croissance endogène, car il est plus aisé pour les tenants du système de toucher une rente plutôt que de créer !

    Peut-on encore croire à Denis Sassou ?

    Qui peut croire Monsieur Sassou quand il minaude, disant vouloir « une démocratie apaisée, fraternelle, où chaque citoyen exprime librement ses opinions » ; quand Monsieur Sassou dit d’un ton patelin : « Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! » ? Qui se nourrit « du sang et des larmes des autres » si ce ne sont ceux qui ont opéré le génocide des Congolais du Sud en tant que Kongo ? Et comment recevoir cette qualification des « autres » si ce n’est pas faire référence aux Kongo, ce qui laisse supposer que Monsieur Sassou les considère de fait comme des étrangers, ce qu’ils sont effectivement vu de son point de vue du Nord Congo !

    Evidemment, à vouloir nier la vérité et faire disparaître les témoignages accablants, il s’agit pour lui de gagner du temps à défaut d’en répondre devant l’Eternité. Aussi, chacun comprendra, dans ces conditions, que la solution sage est celle d’aller dans le sens de Monsieur Sassou qui n’a pas hésité à sacrifier la République du Congo par un partage de fait, ne suivant pas l’objectif du Président Marien Ngouabi en 1972 qui assignait au PCT l’objectif d’une République Unie, ce qui supposait de fait un équilibre entre le Sud Congo et le Nord Congo.

     L’esprit libre, construire l’avenir, notre futur autrementAussi pour se prémunir d’un nouveau génocide des Congolais du Sud, les Kongo, par l’Etat nordiste de fait siégeant à Oyo, la solution la plus sage pour tous est celle que nous avons préconisée : la création de l’Etat du Sud Congo effectuée par la remise de la requête d’Indépendance aux Nations Unies le 30 avril 2014 qui est irréversible.

    Charge aux Citoyens du Nord d’élire, voire de conserver leur Président par la modification de la Constitution du 20 Janvier 2002 comme le veut Monsieur Sassou ; ce qui lui laisse la possibilité d’échapper aux poursuites internationales en ayant l’immunité présidentielle. Il faut être clair sur cette procédure : le Peuple du Sud Congo (Kouilou, Niari, Bouenza, Lékoumou et Pool) ne doit pas être impliqué dans ce référendum de modification de la Constitution. Le seul référendum où notre Peuple du Sud Congo sera impliqué est celui de l’Autodétermination organisé par les Nations Unies lorsque seront nommés l’Administrateur Judiciaire et le Gouvernement Provisoire de l’Etat du Sud Congo. Tout cela pour libérer enfin les consciences du Sud Congo de cette ère et pour recréer la confiance des Peuples entre eux, et l’esprit libre construire l’avenir, notre futur autrement.

     

    Modeste BOUKADIA
    Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo
    Condamné à TRENTE (30) ANS de travaux forcés

    Pour crime d’être démocratie et d’exigence de bonne gouvernance.

    Paris, le 25 août 2014 – 09:09


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    P.C.T./CAMPAGNE ELECTORALE : LES CITOYENS DENONCENT DES PRATIQUES CONFINANT AU CHANTAGE ET A L'EMBRIGADEMENT FORCE

    Nous venons de recevoir un message du Congo par le biais du menu Contact du blog. Il suffit de cliquer sur "Contact" pour nous envoyer un message. Prenez un pseudo si vous redoutez quelque chose. De toute façon, nous n'exposons jamais les vrais noms de nos sources sauf lorsqu'ils en font la demande explicite.

    Rappelons qu'en ce moment au Congo, le contexte tombe en pleine campagne d'élections locales. Le P.C.T. (Parti Congolais des Tricheurs) n'arrête pas d'innover en matière de pratiques illicites dans notre pays en vue de remporter les élections.

    Nous apprenons des choses étranges qui se pratiquent surtout dans la partie sud du Congo, des pratiques qui sont imaginées et imposées par le P.C.T., le parti des crocodiles de l'Alima, des sauriens prêts à tout pour conserver le pouvoir et la domination du nord sur le sud :

    1) Pour être chef de quartier, il faut être membre du P.C.T. comme à l'époque du monopartisme (en fait, nous sommes revenus à cette époque - même si le P.C.T., pour des raisons de théâtralisation politique en vue de produire l'illusion du multipartisme et de la démocratie, permet l'existence de partis totalement dominés, écrasés ou inféodés). C'est une pratique illégale dans la mesure où un chef de quartier n'est pas le représentant d'un parti politique mais une personnalité choisie par ses concitoyens pour les représenter auprès des autorités et rien n'oblige qu'il soit du parti au pouvoir : il devrait même être totalement apolitique ;

    2) Les pièces d'Etat civil s'obtiennent sous condition : il faut battre campagne pour le P.C.T. si on veut obtenir une carte d'identité. Ceci est révélateur d'une politique de distribution ciblée des pièces d'état civil : si on ne délivre pas de cartes d'identité aux membres présumés de l'opposition, ceux-ci ne peuvent pas voter. Encore une pratique illégale en complète rupture avec la constitution du pays qui fait valoir que tout Congolais a le droit de posséder une carte nationale d'identité s'il est majeur et en fait la demande, des pièces d'état civil supposées gratuites ;

    3) Il faut payer pour se faire embaucher dans une société - quand bien même celle-ci cherche des employés (tous les moyens sont bons pour se faire de l'argent facile) ! Et qui sait si on ne vous demandera pas un jour de verser chaque mois une partie de votre salaire avant de vous recruter ? Vous êtes au chômage, une société recrute mais vous êtes d'abord contraint à verser une certaine somme d'argent pour qu'on vous propose un emploi et encore ! C'est tout simplement du chantage. Et parfois, il faut encore battre campagne pour le P.C.T. ou pour une de ses antennes comme M.A.R. !

    Dirigé par un système mafieux appelé P.C.T. quand ce n'est pas cette secte occulte nommée franc-maçonnerie à la congolaise, en fait les deux ne faisant qu'un, la secte dans le parti PCT et le Parti PCT dans la secte, le Congo n'arrête pas d'inventer de nouvelles antivaleurs - soit pour conserver le pouvoir, soit pour avoir de l'argent facile, en fait, les deux versants d'un même processus qui conduit à l'enrichissement mal acquis.

    C'est en tenant compte de ce système électoral complètement pipé et truqué de sorte que le P.C.T. l'emporte toujours et par tous les moyens, que nous avons invité les partis de l'"opposition" intérieure à boycotter les élections mais, ils savent que le P.C.T., même s'il s'octroie la part de l'éléphant, laisse quelques os aux autres partis. Et comme des vautours, notre pseudo-opposition intérieure se jette sur ces ossements avariés - question de vivre des restes que le pouvoir des crocodiles de l'Alima veut bien laisser pour créer l'illusion d'un espace démocratique - alors que nous sommes revenus à la dictature pure et dure dans son expression fasciste : le parti unique ! D'ailleurs, n'est-il pas étrange que le P.C.T. ait repris comme logo le drapeau rouge de l'époque du parti unique symbolisant le triomphe et le règne politique du P.C.T. ? Comment un parti politique peut-il avoir pour logo l'emblème d'un ancien drapeau national ? Du jamais vu ! Peut-on imaginer en Allemagne un parti politique officiel qui prendrait pour emblème le drapeau de l'Allemagne de l'époque nazie sous Hitler ? C'est un message que nous avons bien décrypté... LA DICTATURE DU PARTI UNIQUE IS BACK !

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    REACTIONS (source : Demain le nouveau congo) :

    Bjr Cher LDM, 
    Passé quelque peut inaperçu un détail non moins important de l'ami correspondant de Ponton qui conclut en écrivant:
    "LE PCT TUE SA JEUNESSE DU SUD... CRUEL CE GROUPES D'INDIVIDUS" 
    C'est de là qu'il faut tout comprendre et poser sans détour et froidement, le postulat d'analyse pour l'avenir de ce pays!

    Commentaire n°1 posté par Mudumango hier à 22h10

    Mon cher Mudumango, il y a deux poids, deux mesures entre le nord et le sud : hier, quelqu'un dénonçait des barrages sur la route nationale du sud érigés par des douaniers, des policiers et des gendarmes. Voilà que quelqu'un d'autre évoque des pratiques qui ne s'appliquent qu'à la jeunesse du sud ou au sudiste en général. L'ethnorégionalodiscrimination apparaît de plus en plus criarde. C'est l'histoire elle-même qui tirera un jour les conclusions et les décisions qui s'imposent. Arrivera certainement le jour où la jeunesse du sud refusera de mourir...même symboliquement !

    Réponse de Le Lion de Makanda (LDM) hier à 23h02

    Parfaitement en accord avec vous!
    Juste que l'histoire ne pouvant être écrite que par les Hommes, il n'appartient donc qu'à ces mêmes Hommes d'en tirer les conclusions et les décisions qui s'imposent aujourd'hui. Ce jour où cette jeunesse du sud refuse de mourir est arrivé!


    votre commentaire
  • Au-delà de Gbagbo: l'Afrique <?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

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    « La vraie passion du XXème siècle, c’est la servitude », écrit Camus à propos de notre époque, laquelle « n’offre à choisir que des conformismes ». Or comme toute passion, celle de la servitude est souffrance et produit doublement des patients, soit qu’on s’acharne à asservir les autres, soit qu’on se résigne à l’asservissement.  L’on ne s’étonnera sans doute plus que les nations qui se sont autoproclamées propriétaires du monde, et qui de ce fait expriment bien de la souffrance, s’activent, à leur insu parfois, à produire de la souffrance en multipliant des risques de servitude génocidaire chaque fois que leurs intérêts sont interpellés.<o:p></o:p>

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    Ces puissances du monde n’ont plus de scrupule à promouvoir l’industrie de la violence. Cette dernière ouvre des marchés, produit des armes qu’elle vend, et permet aux multinationales de revenir sur le terrain des violences rebâtir ce que leurs armes ont activement aidé à détruire. Au bout du compte, il ne s’agit que de marchés, et donc de bénéfices. Et depuis des siècles, l’Afrique est désignée comme terrain d’expérimentation multiforme pour de nouvelles règles diplomatiques, de nouveaux médicaments et des armes nouvelles dont les propriétaires du monde équipent des Forces naturellement Nouvelles...<o:p></o:p>

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    L’Union européenne fait la force coloniale<o:p></o:p>

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    Notre monde n’aura pas beaucoup vu les forces de l’ONU censées maintenir la paix s’activer et s’imposer par leur efficacité au Rwanda où il se perpétrait bien des horreurs. Ces ’’soldats de la paix’’ savaient regarder ailleurs. Tout aura même été fait pour les exfiltrer, les éloigner des zones des massacres, probablement pour « avoir la paix ! »… Ce sont cependant ces mêmes ’’soldats de la paix’’ que la même ONU entend largement, et cette fois efficacement, déployer en Côte d’Ivoire, pour cette paix à l’onusienne, dont l’objectif mal maquillé consiste à remettre une jeune nation africaine en revendication de sa souveraineté sous les fourches caudines d’une puissance coloniale à veto. Les forces de maintien de la paix de l’ONU vont donc, à ce qu’on dit, pacifier la Côte d’Ivoire. Il existe déjà en Afrique des pays où les populations savent que cette formule s’est toujours illustrée par des cimetières et des enterrements sommaires dans des fosses communes. Ainsi, c’est pour une raison hautement pacificatrice - quoique d’une éthique plutôt singulière - que l’Organisation des Propriétaires du monde s’est concertée et qu’elle s’est constituée en une Internationale colonialiste pour les besoins de sa cause.<o:p></o:p>

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    La Côte d’Ivoire est donc devenue un cas d’école pour l’Afrique et le monde, au lendemain des cinquantenaires de ce qu’on a pompeusement présenté comme les indépendances africaines.  Certes la Côte d’Ivoire se serait volontiers passée d’une telle distinction ; mais à travers elle, c’est toute l’Afrique qui se trouve en devoir de constater qu’elle est traitée de la main gauche par la « Communauté internationale » dont elle est censée faire partie, mais dont elle devra se savoir exclue, parce que dans le lexique de l’Internationale colonialiste, « international » signifie « occidental ». Du fait de l’ONU, l’Afrique se voit donc enfin officiellement et férocement confirmée dans son statut d’ensemble de territoires sans Etats véritablement souverains, la souveraineté d’aucun pays africain n’ayant véritablement figuré à l’ordre du jour de l’ordre colonial et néolibéral dominant. La diplomatie de la « Communauté internationale », inspirée par l’Internationale colonialiste veut que toutes les chancelleries le sachent ; que toutes l’entendent bien ainsi, mais que toutes se gardent bien de le dire, par diplomatie, en confirmation de l’adage où l’Union (européenne) fait la force (coloniale). <o:p></o:p>

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    La notion de souveraineté appelle cependant quelques observations: chaque fois qu’un potentat africain monte un mauvais coup contre son peuple, il se drape de la «souveraineté»  nationale dans l’espoir d’échapper à toute observation critique ou à toute évaluation extérieure. Ces potentats se plaisent d’autant plus à ce jeu qu’ils s’y livrent impunément, le plus souvent avec l’onction d’une métropole coloniale prompte à donner une crédibilité « internationale » à l’impénitent potentat. Le peuple peut toujours hurler son indignation et sa désolation : « l’homme fort » se sait couvert par son mentor métropolitain, qui lui-même se cache derrière des « accords de défense ». Car sous prétexte de « coopération militaire », la métropole n’hésite jamais à défendre un dictateur contre un peuple, son propre peuple, qui l’a rejeté.<o:p></o:p>

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    La Côte d’Ivoire post électorale nous fait témoins d’un scénario différent, presque inverse : il s’y observe un flagrant déni de souveraineté du peuple ivoirien, moins cette fois par un potentat que par une communauté « internationale » à la rescousse d’une métropole en perte de vitesse en Afrique. Les calculs électoraux et les combinaisons politiciennes ayant mal abouti, il restait à la légalité de prévaloir, force devant rester à la loi. Et la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire fait du Conseil constitutionnel le seul organe habileté à proclamer les résultats des élections, quelles qu’en soient la nature et les conditions de déroulement. Contrairement au scenario habituel, ce n’est plus un potentat qui cherche à spolier son peuple de sa souveraineté en comptant sur des appuis métropolitains étrangers. C’est une métropole coloniale qui s’appuie sur un lobby ethno diplomatique et financier pour imposer son diktat à un Etat dont les institutions ont formellement dit le droit, conformément à ses lois. Ce qu’aucune nation occidentale n’accepterait doit donc être imposé à une nation d’Afrique. C’est l’Afrique. Ce n’est donc pas important…<o:p></o:p>

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    La question semblait banalement arithmétique ; elle a pris toute une dimension juridique et politique qui appelle d’autres questions :<o:p></o:p>

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    La Côte d’Ivoire est-elle un état souverain membre de l’ONU ?<o:p></o:p>

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    Si oui, disposerait-elle d’un arsenal juridique propre à en faire un état où se dit le  droit ?<o:p></o:p>

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    Ces lois ivoiriennes peuvent-elles être invoquées par les Ivoiriens pour des élections en Côte d’Ivoire ?<o:p></o:p>

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    Si tel pouvait être le cas, d’où viendrait-il qu’une métropole, fût-elle aussi amicale et aussi désintéressée que la française, s’arroge le droit de lancer un ultimatum à un Chef d’Etat que le Conseil Constitutionnel de son pays a légalement proclamé élu, en validation corrective d’une arithmétique des urnes dont il pourrait s’avérer qu’elle a été viciée par des fraudes?<o:p></o:p>

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    Et Laurent Gbagbo de poser la seule question qui vaille à ses Pairs venus en médiation : « Qui a gagné les élections en Côte d’Ivoire ? »<o:p></o:p>

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    L’inversion du scenario habituel dessine un schéma nouveau : hier c’est un Gouverneur de colonie de souveraineté théorique qu’une métropole coloniale défendait contre un peuple spolié de sa souveraineté et subjugué au nom des intérêts de la métropole. Aujourd’hui, c’est un Chef d’Etat en revendication d’une souveraineté effective au bénéfice de son peuple qu’une métropole harcèle. La notion de souveraineté s’avère donc à géométrie variable selon que c’est un nationaliste ou un gouverneur de colonie qui en parle. Aussi y aurait-il légèreté à se hâter de signer, au nom de cette souveraineté, le moindre chèque en blanc à quelque Chef africain que ce soit, bien que la mouvance nationaliste et patriotique dont se réclame Gbagbo puisse favorablement le positionner aux yeux d’une Afrique de plus en plus lassée de ses chaînes.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    La France, qui a perdu la cote mais tient tant à l’ivoire, fait du braconnage politique<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Il se trouve que l’Afrique présumée « francophone », en réalité « française », excelle dans la complaisance à revendiquer son propre maintien dans l’esclavage sociopolitique. La voici donc allègrement remise en corset et reprise en étau par ce que chacun devra sans doute reconnaître bientôt comme le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC). En somme derrière la couverture de la « Communauté internationale », l’Internationale colonialiste et néolibérale réédite ce qu’elle a perpétré depuis Berlin et Yalta, puis entre 1945 et 1960, au moment où des Africains d’avant-garde engageaient la lutte pour l’indépendance de leurs territoires et la souveraineté effective de leurs peuples.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Cinquante années après ces « indépendances », le même lobby colonialiste s’active autour des territoires africains qui comptent : car au moment où le système économique et social de l’Occident se fissure et s’effiloche, il n’est surtout pas question de perdre ni une seule plantation, ni aucune source de matières premières ; il n’est surtout pas question de laisser les Africains penser que le Pacte Colonial pouvait être reconsidéré, encore moins rompu au nom de nul ne sait quel droit de quels peuples à disposer d’eux-mêmes.<o:p></o:p>

    Tant qu’une dictature tropicale laisse l’Internationale colonialiste disposer de ses territoires et de ses ressources diverses, la « Communauté internationale », entendez les métropoles occidentales,  n’y trouve rien à redire ; au nom du Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation, elle  se hâte même de consacrer ladite dictature comme démocratie, et de la présenter comme modèle d’intelligence politique et de « sagesse » africaine. Mais qu’il se trouve un nationaliste pour s’intéresser au sort de son peuple, aussitôt s’agite le drapeau menaçant de la démocratie à l’occidentale dont l’Europe s’arroge le droit de dispenser des leçons contre ses propres  pratiques sociales et politiques parfois douloureuses et bien souvent embarrassantes de honte. La diffusion dans les médias occidentaux de la manière dont le Fils de l’autre a gagné les élections présidentielles au Gabon établit l’éthique électorale et démocratique que « la Communauté internationale » sait opportunément appliquer aux colonies d’Afrique…Quand on a su autant bâillonner sa moralité électorale et sa propre vergogne au Gabon, se montrer aussi délicat en Côte d’Ivoire relève du gangstérisme politique international!<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    C’est dans ce jeu que bien des gouvernements occidentaux se sont surpassés, ceux de France en tête. Mais la France n’a plus la cote. Chaque jour, elle observe qu’elle a même perdu cette cote qu’elle s’est arrogée en Afrique pendant de longs siècles d’amitié acharnée, de tartufferie politique et de séduction culturelle. Seulement, elle a beau perdre la cote, la France tient à l’ivoire. Dans sa rage d’en perpétuer le trafic, la voici  installée dans le braconnage politique et mobilisée pour y recruter ou y compromettre d’autres nations, selon cette règle du partage qui veut que les Propriétaires de notre monde se gardent de se gêner dans leurs « chasses gardées » respectives. Il va donc y avoir des assassinats d’éléphants, l’ONU ayant pris parti contre la souveraineté d’un de ses Etats membres, au mépris tout à fait flagrant des conventions internationales qui, au bas mot, font des pachydermes une espèce en voie de disparition et comme telle protégée. Mais nous souscrivons à la déclaration d’un Collectif d’intellectuels d’Afrique et du monde : il faut empêcher toute intervention militaire en Côte d’Ivoire ; il faut sécuriser les Eléphants.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le 2 décembre 2010, l’Elysée déclarait qu’« il appartient désormais au Conseil constitutionnel de proclamer les résultats définitifs dans le strict respect de la volonté clairement exprimée par le peuple ivoirien ». Cette déclaration engageait le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire dans un tunnel sans lumière, de manière si «stricte» que la seule possibilité consentie à cette institution se résumait à reproduire ce qui semblait avoir été « clairement exprimé  par le peuple ivoirien ».  Mis en demeure de répéter ce qui lui était ainsi dicté, le Conseil constitutionnel se trouvait violemment dépouillé, par l’Elysée, de toute véritable prérogative. Le Conseil constitutionnel, organe de délibération et de décision, avait mission de valider les résultats à lui soumis par la Commission Electorale Indépendante, un organe consultatif. L’Elysée lui enjoignait de se satisfaire de la certification de l’ONU, et de renoncer à la validation dont il avait pouvoir.  Le Conseil constitutionnel ayant joué son rôle légal et statutaire, « l’homme fort » de l’Elysée s’en est pris presque physiquement au candidat proclamé élu. A croire que pour l’Elysée, le Conseil constitutionnel ne vaudrait comme institution républicaine que s’il déclarait élu le candidat dont les fraudes électorales avaient été dénoncées, et les résultats légalement invalidés dans certaines circonscriptions.<o:p></o:p>

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    Au risque d’étonner le bon sens, même la Maison Blanche s’y est laissé tromper au prix d’une contradiction remarquée : l’on y prônait naguère une Afrique des institutions fortes par rejet d’une Afrique des hommes forts. Voici que dans un discours d’homme fort, la Maison Blanche dénonce une institution forte mise en place par un homme dont l’action, de l’avis général, et en dépit des va-t-en-guerre de son pays, tendait tant bien que mal à instaurer des institutions républicaines qui fonctionnent au-delà des hommes. La Maison Blanche pourrait bien s’être laissé compromettre par une métropole européenne qu’on surprend à dénoncer le fonctionnement des institutions qu’elle applique elle-même dans l’Hexagone,  et que sa Vème République a imposées aux colonies par assimilation institutionnelle.<o:p></o:p>

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    Il ressort de toutes ses considérations que pour le destin de l’Afrique, et bien au-delà de sa personne, Laurent Gbagbo s’apparente à une espèce en voie de disparition. Personne ne nous fera penser ni croire qu’il est un ange. Et on peut douter qu’il revendique ce statut surhumain : c’est un homme de pouvoir ; et le risque de tout pouvoir est de se dégrader en puissance en cédant à bien des faiblesses. Mais sans nécessairement le dédouaner de ses propres insuffisances ou de ses éventuels forfaits, la vision patriotique que Laurent Gbagbo a impulsée en Cote d’Ivoire déplace la querelle : elle l’élève des simples joutes électoralistes vers l’arène nationaliste et patriotique. Thomas Sankara s’y est généreusement engagé dans son style. Un de ses amis a été armé pour mettre fin à son rêve, au nom des intérêts étrangers au Burkina Faso. On va sans doute bientôt armer un cousin africain de Gbagbo pour vous l’assassiner, ou  diligenter la Cour Pénale dite internationale mais résolument « occidentale » pour l’embastiller. L’ONU y assistera « en toute neutralité » pour avoir, une fois encore, été instrumentalisée par une Internationale colonialiste qui s’est maquillée aux couleurs de la « Communauté internationale » dans l’illusion de masquer ses appétits. Par delà ses limites humaines, Laurent Gbagbo aura surtout commis l’abominable crime de penser ivoirien en Ivoirien, de penser africain pour l’Afrique. Il a osé s’imaginer que les Ivoiriens avaient, eux-aussi, le droit de penser leur destin, de se prendre en main et de sortir du corset colonialiste. Il a osé parler d’indépendance alors que pour certaines métropoles, la Côte d’Ivoire doit rester sous surveillance des forces d’occupation, et l’Eléphant ouest africain sous contrôle de la Licorne hexagonale…<o:p></o:p>

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    Perception zoologique de l’Afrique dite francophone<o:p></o:p>

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    Il n’est pas nouveau que  notre « organisation » des Nations Unies se laisse instrumentaliser par certaines nations à veto en négation flagrante de la souveraineté de nations sans pouvoir de veto. Cette faiblesse a fait prendre bien des décisions regrettables dans bien des pays du monde. Le Cameroun par exemple n’a pas encore oublié qu’il n’a jamais été une colonie française. Il se souvient même qu’il fut une pupille des Nations unies. Mais cette organisation a abdiqué ses responsabilités de tutrice pour des raisons que seul un penchant à l’infanticide peut expliquer ; car l’ONU a plutôt sacrifié sa pupille aux intérêts de l’Internationale colonialiste, sous prétexte que la France s’était, la main sur le cœur, engagée à « conduire » le Cameroun à son indépendance, à sa souveraineté et, comme de bien entendu, à sa prospérité. Plus de cinquante années après, le Cameroun en est toujours à courir après l’effectivité de son indépendance. Les Camerounais en sont toujours à se gargariser d’une souveraineté cosmétique. Quant au développement, le monde a entendu que le discours sur l’émergence a déporté le Cameroun sur les calendes de 2035! C’est dans cette logique de report et de différé permanent que pour Pierre Mesmer, Ancien Haut-commissaire de la France coloniale au Cameroun, il fallait confier l’indépendance du Cameroun et sa gestion « à ceux qui la voulaient le moins ». Plus de cinquante années après, l’ONU ne semble toujours pas pressée de savoir quel sort la France a réservé à sa pupille… S’agissant du Cameroun, les Nations Unies pourraient valablement et fort utilement organiser une plénière sur l’irresponsabilité tutorale et parentale.<o:p></o:p>

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    Il devient donc réductionniste de se focaliser sur la personne de Gbagbo : la situation que vit la Côte d’Ivoire interpelle l’Afrique toute entière, tout au moins l’Afrique qui rêve de son indépendance réelle sur les divers plans économiques, politiques et socioculturels. Car il n’est pas de juriste, il n’est pas de juridiction qui ne puisse reconnaître qu’au plan institutionnel, la proclamation de Laurent Gbagbo comme Président de Côte d’Ivoire est incontestable.  Partout dans le monde, l’arithmétique des urnes doit attendre la validation d’une haute juridiction pour donner un visage aux électeurs, un nom au peuple, une conclusion légale aux élections. Il est surprenant que ce processus soit automatique  et respecté comme tel dans les « grandes » démocraties du monde, et que les mêmes grandes démocraties affichent tant de myopie institutionnelle au même nom de la démocratie. Mais chacun y reconnaîtra l’éthique  « internationale » par laquelle l’Occident sut jadis organiser des croisades, bénir des  expéditions d’esclaves et exterminer des créatures de Dieu au nom de Dieu, de son Dieu à lui!<o:p></o:p>

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    Au-delà des démissions morales et des génuflexions par lesquels certains Africains se distinguent, la crise provoquée en Côte d’Ivoire montre que dans une nation membre des Nations Unies, un Conseil constitutionnel peut se voir violemment nier toute autorité morale, toute autorité légale, et toute autorité formelle de constituer ladite nation. C’est tout à fait nouveau dans le droit international. Mais la violence de ce déni ne peut surprendre venant de ceux dont le credo est qu’il n’est de bon Nègre qu’à genoux ! Et qu’en Afrique, il n’y aura que des nations asservies, des nations de service ; et qu’il ne sera de nation reconnue que celle qui se sera conformée au diktat de l’Internationale colonialiste en souscrivant aux critères du partage du monde en zones d’influence réservées, comme le « Pré carré », appellation agropastorale qui dit assez clairement la perception zoologique que d’aucuns ont de l’Afrique dite «francophone».<o:p></o:p>

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    Mais le tableau s’est clarifié pour ceux qui en doutaient encore, ou qui s’imaginaient qu’il suffisait à un pays d’Afrique d’avoir un hymne, un drapeau et quelques fusils pour être reconnu comme nation souveraine : pour le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC), la bonne Afrique est l’Afrique-Plantation.  Et le « sage » est l’Africain dont le territoire tient entre le balai et la poubelle, le tablier et la chamoisine… Avant Gbagbo, Lumumba et Um Nyobe ont voulu briser la chaîne de cet embastillement sociopolitique, économique et culturel. L’ONU a assisté impassible à leur liquidation sommaire, au nom de la paix telle que prônée par l’Internationale colonialiste. Jamais deux sans trois…<o:p></o:p>

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    Selon que vous serez d’Afrique ou d’Occident…<o:p></o:p>

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    Il ne suffira cependant pas que Barack Obama ait étonné le continent africain et qu’il se soit dédit pour que raison soit donnée à un fonctionnaire de l’ONU, fort sympathique au demeurant, mais manifestement inapte à percevoir la différence de droit qui existe entre la « certification » dont il avait mandat et la « validation » des résultats dont seul le Conseil Constitutionnel avait exclusivement le pouvoir. Et ce n’est plus de l’ignorance juridique que de confondre un organe consultatif avec un organe délibératif et de décision. Car ce n’est pas par ignorance que l’ONU, par son représentant, s’est échinée à imposer les propositions d’un organe consultatif aux délibérations de la plus haute juridiction d’une nation. L’Afrique ne va tout de même pas tout le temps avoir honte à la place des autres. Car l’on semble compter sur la pudeur des Africains pour leur faire tolérer n’importe quelle incompétence.  Mais ils fonctionnent sur instructions, les fonctionnaires. C’est donc bien « l’organisation » qui s’est exprimée par la voix de M. Young-jin Choï, où il se perçoit bien que Choï n’a pas eu de choix : étant aux ordres de l’Internationale colonialiste, il aura fait son devoir en accomplissant sa besogne de mission. Aussi, n’aura-t-il pas hésité à violer la Charte même des Nations Unies qui prescrit de n’entreprendre d’action dans un pays membre que dans le strict respect des institutions et de la souveraineté dudit pays.<o:p></o:p>

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    Mais la Charte des Nations Unies n’a pas prévu que l’organisation reconnaisse ses erreurs et fasse amende honorable. Quand on répond de l’Internationale colonialiste, on ne sait pas avoir tort. Sous la pression de l’Internationale colonialiste, les prescriptions même de la Charte ne sont plus que des balivernes cérébrales devant les intérêts géopolitiques et mercantiles à préserver. Pour cette raison, et parce qu’il s’agit d’un pays africain, les personnalités membres d’un Conseil constitutionnel cessent aussitôt d’être des juristes de qualité. Ils ne sont plus que des «proches» et des « amis » du Président. Que M. Kipré, Ambassadeur de Côte d’Ivoire en France rappelle que Michel Debré, Président du Conseil Constitutionnel de France doit, dans cette logique, n’être qu’un « proche ami » de Sarkozy, et l’on entend le journaliste Elkabach glapir: « il ne faut pas comparer ! ». Ainsi, selon que vous serez d’Afrique ou d’Occident, le Conseil constitutionnel sera un banal cercle de proches amis du Président ou une instance délibérative digne d’être respectée par l’ONU…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Dans le cas de la Côte d’Ivoire, la Cour Pénale Internationale se hâte de se signaler à l’opinion comme l’aile judiciaire de l’Internationale colonialiste, au risque de se pénaliser en se dégradant en Cour « occidentale » : elle qui fut d’une discrétion remarquée et d’un silence assourdissant pendant bien des génocides en Afrique, elle qui ne donna aucune suite aux requêtes de la Côte d’Ivoire sur les tueries de la Licorne, affûte déjà ses articles et ses « attendus » contre tous ceux qui auront osé penser que l’Afrique a des droits, et que ses Conseils constitutionnels sont en devoir de dire le droit en toute souveraineté…Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation (NOMC) est résolument en marche. Et le Conseil de Sécurité se signale déjà comme sa branche armée, prompte à déployer des soldats pour mater la soif d’indépendance des nationalistes africains…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Tant d’indices laissent penser qu’en ce début du XXIème siècle un gouvernement mondial se met discrètement en place. Comme d’habitude, l’on aura choisi l’Afrique comme terrain de son expérimentation ; et la Côte d’Ivoire donne un aperçu de la gestion et du fonctionnement de ce gouvernement mondial. Son mode de gestion est si éloquent qu’il n’y a pas meilleure manière de dire à l’Afrique qu’elle n’y comptera pas pour grand-chose, ou pour si peu, qu’il lui faudra de puissants mégaphones pour se faire entendre. Sauf à choisir enfin de s’assumer sur la base de ses règles endogènes, de s’étudier sur la base de ses propres concepts, de s’instruire sur la base de ses propres canons et méthodes culturels pour se donner quelque chance de se reconquérir et de se réconcilier avec elle-même. Il est d’une évidence lumineuse que cette mise en perspective de l’Afrique ne sera d’aucune motivation pour les professionnels de la génuflexion, et qu’elle sera même âprement combattue par ceux des Africains qui auront été dressés au reptilisme existentiel.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    C’est qu’au-delà d’un nommé Gbagbo, l’autre question de fond que la Côte d’Ivoire pose à l’Afrique est la problématique même des élections comme processus d’accès à la gestion publique. La démocratie est-elle nécessairement électorale ? Les peuples en général, les peuples d’Afrique notamment, n’auraient-ils que des élections pour se gérer en société ?<o:p></o:p>

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    Les élections, seul outil d’accession à la gestion de la vie publique et au pouvoir ?<o:p></o:p>

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    La culture occidentale est fondamentalement, foncièrement et essentiellement conflictuelle. Certes Héraclite d’Ephèse a étudié en Afrique avant d’établir le conflit, la lutte des contraires comme moteur du monde. L’Afrique ne conçoit cependant pas le monde en termes d’affrontement ; l’Afrique culturelle profonde conçoit le monde en termes d’intégration et de consensus. Contrairement aux contrevérités de certains touristes scientifiques qui se sont autoproclamés « africaniste », l’anthropologie africaine a des choses bien plus porteuses à enseigner dans ce domaine.<o:p></o:p>

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    La rage d’uniformisation du monde étonne de plus en plus chez ceux-là même qui prétendaient combattre la pensée unique ; elle est exacerbée par le slogan économico-mercantile de la mondialisation, dont les institutions de Bretton Woods, l’OMC comme le FMI, constituent le bras usurier. Au nom de l’uniformisation du monde, il suffit désormais qu’un slogan soit diffusé et soutenu dans les medias « internationaux », entendez « occidentaux », pour qu’il devienne une vérité infaillible pour le reste du monde. C’est ainsi que les pays d’Afrique, hier pays du « Tiers monde », ou « Pays sous-développés », ont été successivement et unilatéralement rebaptisés pays « en voie de développement », puis «Pays les Moins Avancés » (PMA), puis « Pays Pauvres Très Endettés » (PPTE) et, pour demain, « Pays Emergents ». L’Eurocentrisme n’a pas fini de coûter cher aux peuples d’Afrique, tant au plan économique, moral que politique. Dans ce dernier cas, l’accession à la gestion publique par les élections fait tellement problème en Afrique qu’au lieu de penser que ce sont les Africains qui sont inaptes à la démocratie électorale, il serait temps de se demander si l’urne est bien le mode socioculturel le plus approprié pour l’accession au pouvoir et pour sa gestion en Afrique.<o:p></o:p>

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    Nous ne perdons pas de vue que si aujourd’hui l’Occident agite aussi ostensiblement le fanion des élections, il n’y a pas si longtemps que ses « grandes nations » excluaient le vote de leur fonctionnement. Et quand l’Occident a fini par céder au principe des élections, il a fallu de nouvelles luttes acharnées pour que toutes les populations soient admises à voter. Il n’y a donc pas longtemps que certaines grandes nations occidentales ont concédé ce droit à la femme – dont le statut d’être humain n’a été toléré que fort récemment. Dans certaines « grandes démocraties » occidentales, la reconnaissance de la femme comme personne humaine a paru si révolutionnaire qu’elle a été gravée sur des stèles comme une invention exceptionnelle de l’humanité…<o:p></o:p>

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    Si donc la démocratie se définit comme pouvoir émanant d’un peuple donné, et s’il est entendu qu’en Afrique il existe des peuples et non de simples hordes de primates, le plus distrait des touristes pourrait avoir remarqué, sauf amnésie et cécité délibérées, que l’Afrique a une longue expérience de la gestion publique et de l’accès au pouvoir.<o:p></o:p>

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    Une certaine propension au raccourci pousse une catégorie d’Africains à renoncer à comprendre, pour s’être convaincus par facilité que les autres ont déjà tout dit, tout pensé, tout trouvé. Quand les autres auraient effectivement tout pensé et tout trouvé, ils l’auraient fait pour eux, en fonction de leur vécu à eux et de leurs attentes à eux. C’est pour cela que même le sparadrap, grande trouvaille occidentale devant l’Eternel, n’existe pas encore en couleur cacao ou café, mais se produit exclusivement en couleur rose cochon… De tels détails de notre simple quotidienneté d’infirmerie devraient inciter les Africains à réfléchir sur bien d’autres produits que l’Occident vante dans ses médias et qu’il nous propose, sous prétexte de modernité et d’ouverture, comme une panacée à nos problèmes d’Africains.<o:p></o:p>

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    C’est dans ce contexte que des questions bien plus graves pourraient surgir : dans quelle culture ou société africaine a-t-on jamais vu 51% d’une famille humaine s’arroger le droit de régenter 49% de la même famille sous prétexte que des bouts de papiers ont été jetés dans une boîte, individuellement, séparément et en cachette? Dans quelle société d’Afrique a-t-on jamais vu une palabre se terminer hors consensus, quand le Patriarche chargé de vider un litige se fait un point d’honneur de ramener le plus radical des contradicteurs dans le cercle du consensus pour qu’à la fin, les uns et les autres partagent la cola en dégustant le vin de la réconciliation, de l’entente et de la cohésion sociale retrouvée ?<o:p></o:p>

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    Le tropisme et l’extraversion pousseraient des décervelés à douter ! Pourtant, il va falloir, et bientôt, se résoudre à choisir : guérir du dressage et du mimétisme, ou renoncer définitivement à représenter une culture, un peuple, un continent et une histoire dont la richesse aussi piratée qu’enviée est souterrainement combattue par ceux-là mêmes qui la parasitent.  Observons déjà comme la vertu du consensus est convoitée par les adeptes des pouvoirs électoraux « modernes », issus de la démocratie électorale de 51% contre 49%. C’est bien par intention, par soif et par impatience de consensus ou de réconciliation que tout « Président élu » se hâte de déclarer qu’il sera le Président « de tous les … ». Quand bien même cette déclaration ne serait faite que du bout des lèvres, l’effort de mensonge du nouveau président est déjà en lui-même révélateur d’un fonds culturel qu’aucun Africain ne devrait se hâter d’évacuer.<o:p></o:p>

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    Les urnes n’ont pas une histoire si lointaine que cela en Occident. Et la généralisation des élections à l’occidentale n’est encore ni un certificat de démocratie, ni une garantie de paix sociale dans les « grandes démocraties » occidentales. D’aucuns auraient bien voulu qu’il n’en fût point ainsi, mais l’Afrique profonde a des enseignements à donner au monde en matière de démocratie et de convivialité : « Le pouvoir y reposait sur un système de prise de décision collégial et consensuel. La méthode  en était la palabre, et l’instrument l’assemblée de village. Au-dessus du village, à chaque niveau d’organisation géographique, district ou région et royaume ou empire, des assemblées de délégués fonctionnaient selon le même principe de consensus. S’il y a une tradition africaine de prise de décision collective, elle est bien celle de la palabre et du consensus. Elle prend du temps, mais elle s’attache au respect de chacun et permet les décisions nécessaires à la survie du corps social». Le même auteur déplore « la méconnaissance profonde où se trouve l’Occident des modes de fonctionnement de l’Afrique (…) Tout se passe en Afrique comme si l’Occident colonisateur avait efficacement détruit une amorce de sociabilité locale que l’on peut appeler démocratie consensuelle, et n’arrivait pas à faire prendre la greffe de son produit de remplacement, la démocratie conflictuelle ». (2001)<o:p></o:p>

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    Non, il ne s’agit pas encore de Cheikh Anta Diop – Maître de puissante inspiration – mais plus prosaïquement de Michel Rocard, qu’on ne peut soupçonner d’Afrocentricité. Son titre, Pour une autre Afrique, dit à quel point les ravages de la colonisation sont réels et la lutte pour les rattraper indispensable, notamment face à des prédateurs occidentaux qui veulent bien les décrire ou les déplorer, mais dont le premier réflexe, une fois qu’ils sont au pouvoir, n’est pas nécessairement de promouvoir l’indépendance et la dignité de l’Afrique.<o:p></o:p>

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    La raison de vivre s’érige en raison de mourir<o:p></o:p>

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    Au-delà  d’un nommé Gbagbo, prétendons-nous, l’enjeu est l’avènement d’une Afrique autre. Ceux des enfants d’Afrique qui s’en rendent comptent et qui prennent la juste mesure des enjeux sauront que même proclamés perdants, ou à la limite assassinés, certains nationalistes patriotes seront demeurés des gagneurs. Au-delà des insuffisances, des incompréhensions ou des fautes de bibelots, la plupart auront activement œuvré au-delà de leur personne, pour l’indépendance de l’Afrique et la dignité d’une Afrique de peuples effectivement libres. Quand une cause est à ce point une raison de vivre, elle s’érige en raison de mourir. Et la gloire des nations réside dans le sacrifice de ceux de leurs enfants qui savent mourir pour leur raison de vivre. C’est ainsi que sans l’avoir recherché, certains patriotes entrent dans l’éternité de la mémoire de leur peuple.<o:p></o:p>

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    L’Occident en général et l’Europe en particulier ont prouvé au monde qu’ils savent se déchirer dans des querelles ethniques et des conflits ethno économiques. La Shoah en est l’un des exemples les plus déshumanisants. L’unité de l’Europe n’a donc pas fini de se chercher. Sans doute va-t-elle enfin se trouver grâce à l’Afrique dont la même Europe occulte curieusement la saignée et l’holocauste négrier. Cette Europe esclavagiste et déchirée par ailleurs va sans doute reconquérir son unité grâce à une Côte d’Ivoire qu’un certain Laurent Gbagbo s’efforçait de réunifier. Il restera  frappant que l’Europe en quête de sa propre unité n’ait pas hésité à aggraver l’éclatement d’une nation africaine pour défendre les intérêts d’un pays d’Europe. Et c’est de cette Europe ethnique, fort violemment intéressée, que l’Afrique devra recevoir des leçons d’éthique politique et humaniste ! Le malaise que l’Afrique éprouve vient de ce que l’Europe ne semble pas avoir, pour elle-même déjà, maîtrisé les leçons qu’elle veut bien dispenser ou, à l’occasion, imposer au reste du monde : élection n’est point synonyme de démocratie. Et en Afrique, la démocratie électorale ne saurait se satisfaire du décompte numérique des Commissions dites indépendantes qui ne garantissent aucune crédibilité à cause du voile de suspicion dont les contextes de leur création les couvrent.<o:p></o:p>

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    Ne nous demandons plus où sont passées toutes ces nations indépendantes africaines qui ont  célébré ou qui s’apprêtent à célébrer leurs « indépendances ». L’Afrique aveuglée par extraversion politique n’a pas perçu le calcul d’une Europe aux voix discordantes par ailleurs, mais dont la Côte d’Ivoire accélère subitement l’unanimité. La cause est sans doute entendue, mais l’unanimisme occidental ne sera pas une leçon de démocratie pour l’Afrique du XXIème siècle. Cet unanimisme suspect confirme que pour les intérêts de l’un des leurs, l’Europe a résolu de faire corps et chorus, d’étouffer toute velléité de liberté en Afrique, quitte à installer au pouvoir ceux-là même qui, la veille, ont mis à feu et à sang le pays qu’ils s’impatientent aujourd’hui de gouverner. Ils seront sans doute au gouvernement ; mais quel gouvernail tiendront-ils ? La Côte d’Ivoire ne s’expose-t- elle pas au risque d’être gérée par procuration, par un simple gouverneur colonial aux ordres de la Sainte Union de l’Europe coloniale ?<o:p></o:p>

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    L’unanimisme européen aura cependant atteint son objectif : entraver l’unification d’une nation en passe de panser ses blessures, et en faire un territoire ingouvernable. Cette manière qu’a l’Internationale colonialiste de se croire indispensable à l’Afrique crée de nombreux emplois pour l’Europe ; mais l’ingouvernabilité de la Côte d’Ivoire ne profitera à aucun Africain. Il est possible qu’elle ne profite même pas à l’Occident. Le Nouvel Ordre Mondial de la Colonisation l’instaure activement par fébrile avertissement à tout autre dirigeant africain qui aurait des démangeaisons de liberté et des velléités de souveraineté. Des morts, l’on en compte déjà. Mais qu’est-ce qu’un génocide de plus pour la machine coloniale ? L’histoire de l’Europe est d’une richesse écarlate : l’on y apprend que l’Europe sait toujours comment multiplier les fosses communes pour se faire de l’espace chez les autres. Mais pour avoir cautionné ce flagrant déni de souveraineté en Côte d’Ivoire, l’ONU a gagné en déshonneur et en dépréciation. Il devient de peu d’intérêt que l’ONU y ait été poussée par une Europe manœuvrière désireuse de recoller provisoirement ses propres morceaux. En ce XXIème siècle naissant, l’Afrique en charcuterie aura néanmoins servi à unir l’Europe dans une Internationale colonialiste sous protection de l’ONU…<o:p></o:p>

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    On n’arrête pas le progrès. Et le progrès que le XXIème siècle s’apprête à enregistrer s’observe en Afrique, par la Côte d’Ivoire : la « Communauté internationale » aime désormais  si profondément l’Afrique qu’elle se mobilise sans calcul pour y imposer son mode de sélection des dirigeants, au nom de cette liberté, de cette démocratie et de cette humanité que, pendant de longs siècles, la même Communauté internationale a brutalement niées à l’Afrique. Ce vaste renversement de programme est un peu tardif ; mais par cette prestidigitation, d’aucuns espèrent gommer des siècles de cet esclavage, de ces massacres et de ces spoliations dont l’Occident refuse de parler par négationnisme et refus de toute repentance. A travers la Côte d’Ivoire, l’Occident déclare à l’Afrique un amour si subit, si débordant et si tyrannique qu’il ne veut surtout pas que de pauvres Africains se noient dans leurs barils de pétrole, s’intoxiquent à l’uranium et s’aveuglent à l’éclat de leurs carats d’or ou de diamants. La « Communauté internationale » veut tellement le bien de l’Afrique qu’elle tient, pour ainsi dire coûte que vaille, à soulager le continent du poids écrasant de ses diverses dictatures : minières, forestières et politiques. Les principaux inspirateurs et acteurs de génocides africains tiennent tellement à libérer l’Afrique de ces dictateurs qu’ils en intronisent certains potentats dans le voisinage même de ceux qu’ils conspuent ou liquident, et dont le crime est d’avoir tenté de redonner quelque respectabilité à la « négraille inattendument debout » (Césaire). Mais quand l’Afrique n’aurait su produire que des dictateurs, il convient de retenir qu’à dictature égale, seule l’option nationaliste et patriotique compterait désormais pour l’Afrique. Et l’Afrique qui aspire à compter a reçu le message : soit se résigner à servir de plantation et de réserve de matières premières aux propriétaires autoproclamés du monde, soit travailler à définir elle-même, pour elle-même, ce qu’il lui conviendrait de progrès.<o:p></o:p>

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    Le progrès de l’Afrique ne semble pas avoir la démocratie électorale pour levain ; au-delà des urnes, ce progrès se perçoit et se construit dans une convivialité consensuelle en adéquation avec les fondements anthropologiques de la culture africaine. L’Afrique croisera son destin sans le rencontrer si, par paresse intellectuelle ou par démission politique, ses enfants souscrivent à cet unanimisme contre nature par lequel la « communauté occidentale » autoproclamée « internationale » par maquillage de ses préoccupations matérielles, manœuvre pour que l’uniformisation du monde à son profit exclusif passe pour un noble souci d’harmonisation profitable à tous.<o:p></o:p>

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    Les dettes de liberté se paient en monnaie de vie. On sait quel prix Toussaint Louverture dut payer dans le Jura français pour avoir voulu libérer Saint Domingue devenue Haïti. L’encerclement fut total et asphyxiant pour la première république noire. Il fallait démontrer que les Nègres ne pouvaient pas, et ne pourraient jamais assumer un destin autre que l’esclavage. Deux siècles après, le même schéma se reproduit, mais en terre africaine et de manière plus subtile, l’Internationale colonialiste ayant excipé de la démocratie électorale pour perpétrer l’embastillement d’une autre république noire en quête d’indépendance.<o:p></o:p>

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    L’histoire africaine est d’une richesse pédagogique inépuisable. A chacun de nous d’en tirer ses propres leçons, pour l’avenir des Peuples d’Afrique – qui se conjugue au présent, au-delà d’un nommé Gbagbo.<o:p></o:p>

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    Par Pr. Charly Gabriel Mbock,  in La Nouvelle Expression (Cameroun), le 21 janvier 2011<o:p></o:p>

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