• DE LA LANGUE AUX « NON-ARYENS » DEMAIN ?<?xml:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" /><o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    TOUS A NOS LANGUES RESPECTIVES : <o:p></o:p>

    LE TOP EST DONNE PAR LA FRANCE DROITIERE<o:p></o:p>

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    Un débat ouvert et à enrichir<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Il n’y a pas au monde un seul pays où il n’y a pas d’étrangers. Partout où il y a un être humain, il y a un étranger. Partout, à travers le monde, sur tous les continents, dans tous les pays, on rencontre des Français et des personnes de diverses nationalités.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    A travers le discours de M. Nicolas Sarkozy, il est facile de comprendre que, selon lui, les malheurs de la France, le chômage, seraient du fait des étrangers, des immigrés. Soit. Mais au regard de la tournure que prend la situation, comment fera-t-on pour reconnaître dans la rue celle ou celui qui est immigré et celle ou celui qui ne l’est pas ? Dans ce pays, il y a des Noirs, des Arabes, des Jaunes et autres Bronzés Français. On dit que ce sera la tâche de la Police et la Gendarmerie pour débusquer les « indésirables ». <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Seulement voilà, les Policiers et les Gendarmes sont aussi des êtres humains. Avec l’avalanche des lois déjà existantes, ils sont déjà débordés. Pour leur faciliter la tâche, ne serait-il pas plus judicieux, comme cela s’est fait il n’y a pas très longtemps, d’instaurer un système qui puisse faire en sorte que l’étranger vivant en France soit facilement repérable et reconnaissable dans la rue, et éviter ainsi aux autres les tracasseries policières inutiles ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Cela étant, ne serait-il pas préférable qu’on délivre à tous les étrangers ou immigrés des badges jaunes ou rouges sur lesquels sera imprimée la lettre « E » comme étranger bon à expulser ou « I » comme immigré, être indésirable ? Ce qui les distinguerait des autres Noirs, Jaunes et Arabes qui, eux, sont Français, à moins qu’on mette tout le monde dans le même sac, et peu importe qu’ils soient Français ou pas, le seul critère étant la couleur de leur peau. La solution la plus facile à ce problème épineux est qu’il faut donc que tous les étrangers, tous les immigrés se mettent à porter sur leurs habits un badge frappé d’un « E » ou d’un « I ». Ce badge peut être métallique ou plastifié (style pin’s) ou en tissu, avec la lette « E » ou « I » imprimée en rouge ou jaune.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Tout être humain ayant décidé de vivre dans un pays autre que le sien propre où il est né est obligé d’apprendre et de savoir parler, lire et écrire la langue du pays qui l’a accueilli. Cela est aussi vieux comme le monde. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais que cette nécessité soit un programme ou un thème de campagne électorale, cela devient inquiétant, très inquiétant. Non pas seulement pour ceux qui vivent en France métropolitaine et dans ses DOM-TOM (colonies déguisées), mais aussi et surtout pour les Français qui aiment voyager, qui aiment élire domicile aux quatre coins du monde, où ils se trouvent souvent en terrain ou territoire conquis. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Devant cette surenchère, je ne crains qu’une chose : « la réponse du berger à la bergère » ou « l’arroseur arrosé ». Je crains simplement que l’arroseur ne soit arrosé à son tour. Ceci dit, pourquoi les Chinois, les Japonais, les Russes, les australiens, les Néo-Zélandais, les Danois, les Allemands, les Suédois, les Finlandais, pour ne citer que ceux-là, n’exigeraient-ils pas, à leur tour, des Français d’apprendre leurs langues depuis la France avant de partir y vivre ? Pourquoi les Africains n’exigeraient-ils pas qu’un Européen en général, et un Français en particulier, apprenne depuis son pays, le lingala, le kikongo, le wolof, le mandingue, le swahili, l’arabe, le sango, etc., avant d’émigrer dans les pays où ces langues sont pratiquées ? <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Hier, la France a décidé et imposé la Carte de séjour et le visa obligatoire à tous les ressortissants des pays pauvres en particulier. La mesure s’est généralisée partout, même si les Consulats africains les délivrent avec beaucoup plus de condescendance, de facilité aux occidentaux qu’ils n’en délivrent, eux, surtout aux Noirs et aux Arabes, avec la même promptitude.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Aujourd’hui, après les visas, c’est au tour de la langue, notamment le français. Demain, après la langue ce sera autour de la couleur de la peau. Demain, on demandera aux non-Blancs de devenir d’abord Blanc avant d’émigrer vers les pays des Blancs. Et l’inverse sera aussi possible. Les Noirs et les Arabes demanderont aussi aux Blancs de se faire Noirs ou Basanés pour prétendre vivre dans un pays non-européen. Ainsi, des « NON-BLANCS » on passera aux « NON-ARYENS », comme aux siècles derniers. Pourquoi, comme sous la IIIème République, ne pas faire réimprimer des timbres-poste sur lesquels sera imprimée la mention : « SAUVONS LA RACE » ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le débat que vient de soulever M. Nicolas SARKOZY est un faux débat. Cependant le problème qu’il pose est dangereux pour l’humanité, car au-delà de son exigence se profile et se cache une arrière-pensée, un « NON-DIT » mal camouflé, tellement il est limpide. Il se résume par une simple phrase : LA CULTURE DE LA HAINE DE L’AUTRE ou LE REJET DE L’AUTRE qui, elle, risquera d’entraîner ou d’engendrer des comportements inacceptables et très regrettables. Dommage que la France, le pays des Lumières, la Patrie des Droits de l’Homme en soit réduite à ce point ! Mais une question tout de même, la langue française serait-elle en perte de vitesse ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Tous les grands-parents et parents de M. SARKOZY savaient-ils tous parler, lire et écrire le Français avant d’émigrer et de débarquer en France ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le pire, dans tout ça, est que c’est comme ça que ça commence.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Hier encore, on est parti de l’exclusion des « Non-Blancs » à la barbarie institutionnalisée avec la destruction des Indiens, l’anéantissement des Noirs dont on a fait une marchandise. Puis on réactualisera le poids idéologique de la suprématie blanche (exclusion des « non-Blancs » et des « non-Aryens »). Le politique qui devrait éduquer son peuple et lui dire que l’homme est universel, qu’il est interdit d’exclure, de rejeter l’autre, est le premier à sacraliser cet interdit. D’ailleurs le thème de la génétique n’est pas innocent. Il a été employé, utilisé à dessein. A ce rythme et au train où vont les idées, demain on répétera qu’un Noir ou un Arabe n’est pas un être humain, un homme. On reviendra aux vieilles recettes des XIIIème et XIVème siècle. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    M. SARKOZY a sa langue, mais pas toutes les matières premières dans son pays. Il n’a que des idées. Et demain, si ces autres peuples qu’il répugne et dont il refuse de reconnaître les souffrances et les atrocités subies refusaient de parler sa langue et lui disaient qu’avant d’exploiter nos richesses, il faut d’abord apprendre nos langues ? Soulèvera-t-il des armadas, des troupes et des blindés pour aller mâter ces « insoumis » et ces « sauvages » ? Car c’est avec ces vocables qu’on les désignera, comme par le passé. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En tout cas, j’ai la faiblesse de penser que cette affaire de la langue soulevée par le candidat à la présidence française de 2007 est une affaire qui risquera d’aller plus loin et risquera de poser ou entraîner d’autres problèmes auxquels son géniteur n’a certainement pas pensé. J’ose tout de même espérer qu’il a mesuré toute son ampleur.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Pour éviter les hordes de Nègres aux frontières de la France…<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En posant le problème de la langue qui serait un handicap majeur pour certaines catégories humaines, M. Sarkozy voudrait par là essayer d’endiguer le problème de l’immigration. Quoi de plus normal que de vouloir réguler le flux migratoire, même si depuis la nuit des temps l’homme a toujours voyagé et qu’il est un éternel immigré.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le disant, nous savons tous que les premiers visés, ce sont les Arabes et les Noirs d’Afrique, ces indésirables dont les parents ont versés leur sang pour un pays qui ne les reconnaît plus, un pays ingrat. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    M. SARKOZY omet volontairement qu’il existe, encore aujourd’hui, ce que les Africains appellent « LE PACTE COLONIAL ». Récemment, il a reçu les barons de la Françafrique, les piliers de ce pacte colonial. Mais qu’est-ce que c’est le pacte colonial pour lequel il ne dit mot ni ne dénonce?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le pacte colonial, selon l’Encyclopédie Universelle Larousse, est un répondant « de la conception mercantiliste de la colonisation qui visait à l’enrichissement de la métropole. Il stipulait : l’interdiction totale ou partielle du marché colonial aux produits étrangers ; l’obligation d’exporter les produits coloniaux exclusivement ou principalement vers la métropole ; l’interdiction, par la colonie, de produire des objets manufacturés, son rôle économique se bornant à celui de productrice de matières premières et de débouché commercial ; le traitement de faveur accordé par la métropole aux produits coloniaux, accompagné d’une aide politique, militaire, culturelle et souvent économique, fournie par la métropole. » (1)<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ce pacte depuis la fin officielle de la colonisation s’est transformé en un étatisme qui a perturbé tous les sens des Africains des pays dits « anciennes colonies françaises » qui, aujourd’hui, sont à la recherche d’un sens à donner à leur existence individuelle et collective. La guerre absurde que leur mène la France est fondée sur l’idée tout aussi absurde que l’Etat ivoirien, par exemple, est géré par des hommes incapables de défendre et protéger les intérêts français en Côte d’Ivoire. On a beau réfléchir sur le sens à donner à un reproche, il est impossible d’en trouver un qui soit rationnel. Peut-on pour autant se résoudre à l’absence de sens dans cette vie d’Africains originaires des contrées les plus pauvres dans un monde rapide, avancé et qui ne nous attend pas ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    L’absence de sens pour ceux qui ne peuvent s’y résoudre fait de nous des gens absurdes au sens que la philosophie donne à ce concept. La recherche permanente de sens conduit aujourd’hui les Africains à se révolter. La France ne fait que continuer une politique huilée des différentes autorités politiques françaises vis-à-vis de l’Afrique noire. Tromperie, dissimulation, simulation et autres coups tordus sont monnaie courantes pour déstabiliser des régimes ou pas, selon qu’ils sont ou non définis par le monarque comme non-conforme ou politiquement incorrects.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Absurdes, à l’heure de la mondialisation, sont les vestiges des relations coloniales qui marquent de nombreux esprits en Afrique et en France. Vous n’êtes pas capables de défendre les intérêts de la France, dit-on. Vous n’êtes que des anarchistes, dit-on dans les milieux de « distributeurs » de pouvoir en Afrique, à vouloir refonder l’ordre établi depuis toujours.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Depuis, les Africains n’ont pas arrêté d’entendre ces reproches. Tous, au sein de la monarchie française et autour d’elle, en Europe comme en Afrique, regrettent la belle époque des « Vieux dirigeants », ces béni-oui-oui, où il n’y avait ni fascistes au pouvoir, ni anarchistes dans les rues. Quelle époque ! disent en cœur tous les nostalgiques du pacte colonial.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais lorsqu’on écoute ceux qui soutiennent ces thèses, à l’exception de quelques-uns sur lesquels ils ont la main mise, les pays africains seraient aujourd’hui mal gouvernés, par des incapables et des inexpérimentés. Mais d’où vient-il que nous soyons incapables ? Mais qu’est-ce qui leur permet de dire que nous sommes des inexpérimentés ? Comment était donc cette belle époque que tant de nostalgiques réclament à cor, à cri et à kalach ? <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Aujourd’hui en Afrique, les meilleurs chefs d’Etat sont ceux qui ont reçu l’onction et la bénédiction de Paris. A ce sujet, j’ai déjà dit et écrit : « Le principe du pouvoir en Afrique d’expression française (anciennes colonies) est simple. Celui qui remue la queue, rampe, lèche les bottes et garantit les "intérêts de la France", même s’il est mondialement reconnu criminel, celui-là est jugé apte à "gouverner" ses compatriotes ».<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Pour répondre à ces questions et rechercher un sens rational à ces reproches, regardons le fond des relations françafricaines, pivot de la « mafiafrique », depuis l’indépendance. Ces périodes ont et sont encore marquées par l’étatisme qui n’est rien d’autre qu’un totalitarisme discret qui se traduit par l’idéologie du développement économique impulsé par la coopération interétatique, la solidarité obligatoire entre les Etats, l’aide publique au développement et le refus de la liberté et de la démocratie pour les populations dont les pays sont supposés bénéficier des bienfaits de cet étatisme. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En voici l’exemple qui n’est qu’un extrait de toute une panoplie de textes aujourd’hui devenus caducs et auxquels il ne faut surtout pas toucher, au risque d’être réduit au silence éternel :<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    I - TRANSFERT DE COMPETENCES SANS INDEPENDANCE<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    L'Accord particulier portant transfert des compétences de la Communauté à la République de Côte d'Ivoire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Le gouvernement de la République de Côte d'Ivoire d'une part, le gouvernement de la République française d'autre part, ont convenu de ce qui suit :<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article premier - La République de Côte d'Ivoire accède, en plein accord et amitié avec la République française, à la souveraineté internationale et à l'indépendance par le transfert des compétences de la communauté.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Art .2 - Toutes les compétences instituées par l'article 78 de la Constitution du 4 Octobre 1958 sont, pour ce qui la concerne, transférées à la République de Côte d'Ivoire, dès l'accomplissement par les parties contractantes de la procédure prévue à l'article 87 de ladite constitution.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Fait à Paris, le 11 Juillet 1960<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Félix Houphouët-Boigny<o:p></o:p>

    Michel DEBRE<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    II - TOUTES LES RICHESSES RESERVEES A LA FRANCE<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    ANNEXE A l'accord de Défense entre la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey, la République Française et la République du Niger concernant la coopération dans le domaine des matières premières et produits stratégiques.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Afin de garantir leurs intérêts mutuels en matière de Défense, les parties contractantes décident de coopérer dans le domaine des matériaux de Défense dans les conditions définies ci-après:<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article premier : Les matières premières et produits classés stratégiques comprennent: <o:p></o:p>

    - Première catégorie : les hydrocarbures liquides ou gazeux ;<o:p></o:p>

    - Deuxième catégorie : l'uranium, le thorium, le lithium, le béryllium, leurs minerais et composés. Cette liste pourra être modifiée d'un commun accord, compte tenu des circonstances.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 2 : La République Française informe régulièrement la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger de la politique qu'elle est appelée à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques, compte tenu des besoins généraux de la Défense, de l'évolution des ressources et la situation du marché mondial.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 3 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger informent la République Française de la politique qu'elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu'elles se proposent de prendre pour l'exécution de cette politique.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 4 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger facilitent au profit des forces armées françaises le stockage des matières premières et produits stratégiques. Lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 5 : La République Française est tenue informée des programmes et projets concernant l'exportation hors du territoire de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger des matières premières et des produits stratégiques de deuxième catégorie énumérés à l'article premier.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    En ce qui concerne ces mêmes matières et produits, la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger, pour les besoins de la Défense, réservent par priorité leur vente à la République Française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle.<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Article 6 : Les Gouvernements procèdent, sur les problèmes qui font l'objet de la présente annexe, à toutes consultations nécessaires.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Fait à Paris, le 24 avril 1961<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    Félix HOUPHOUET-BOIGNY<o:p></o:p>

    Hubert MAGA<o:p></o:p>

    Michel DEBRE<o:p></o:p>

    Hamani DIORI<o:p></o:p>

     <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Je le répète, ces textes sont « universellement propres » à tout l’univers africain francophone du pré carré français, pour les deux groupes ou zones qui constituent les colonies françaises d’Afrique, à savoir : l’ancienne Afrique Occidentale Française (AOF) et l’ancienne Afrique Equatoriale Française (AEF). Le texte de ces accords prétendus soumis à signature est le même. Il suffit de remplacer le nom de l’Etat africain (ancienne colonie), le nom de son chef d’Etat et la date de signature, et le tour est joué. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Plus de quarante ans aujourd’hui, quarante-sept ans précisément, il est toujours interdit de toucher à ce marché de dupes, de truands, et de pilleurs séculaires qui consacre et sacralise le caractère kleptocrate de l’Etat français. Quiconque ose y toucher se voit lui tomber la foudre de Paris sur la tête. Le président Laurent Gbagbo de la République de Côte d’Ivoire, et bien d’autres avant lui, en ont fait les frais ou connu des déboires. Ceci explique les flux migratoires massifs Sud-Nord. Et tant que l’Europe en général et la France en particulier n’auront pas mis fin à ce pillage éhonté, à l’affectation et l’installation dans nos pays des « Préfets de région » ou des « présidents-gouverneurs généraux »  au service de la France, de surcroît criminels et kleptocrates, le problème de l’immigration Afrique-Europe (Sud-Nord) ne sera jamais réglé, et les pays dits du Nord, c’est-à-dire l’Europe, seront confrontés à cette immigration pour très très longtemps. <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Mais, en revanche, on leur dit : « Laissez-nous piller les richesses de vos pays, restez chez vous et acceptez la mort. Inclinez-vous, abaissez-vous devant la loi du plus fort, du Maître ». <o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Voilà en clair, le non-dit du vrai discours, du discours réel. M. Nicolas Sarkozy qui, il y a très récemment, était encore ministre de l’Intérieur, avec la connaissance de tous les réseaux qui s’y rattachent, doit bien connaître le mode opératoire pour ce faire.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Alors, dans ces conditions, est-ce l’Afrique qui a besoin de la France ou est-ce la France qui a besoin de l’Afrique ? Qu’à cela ne tienne, « LAISSEZ-NOUS VIVRE !  NOUS AVONS DROIT A LA VIE, A LA PAIX, A LA LIBERTE ET A LA DEMOCRATIE TOUJOURS BRISEES, ESCAMOTEES PAR LA FRANCE A TRAVERS SA VISION ET LA PRATIQUE DE SA POLITIQUE AFRICAINE ».  !<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Et, enfin, à quand la suppression de la « Cellule africaine de l’Elysée » d’autant qu’il existe en France un ministère de la Coopération, et au ministère des Affaires Etrangères une Direction des Affaires africaines ? A moins que cette cellule ne soit destinée à autre chose, la présidence de la République Française n’a-t-elle donc pas confiance en son gouvernement qu’elle a pris le soin de nommer elle-même ?<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    Jean-Claude Mayima-Mbemba<o:p></o:p>

    Secrétaire Général de l’Organisation<o:p></o:p>

    AFRICA HUMAN VOICE INTERNATIONAL (AHVI)<o:p></o:p>

    http://www.africa-humanvoice.org<o:p></o:p>

    E-mail : contact@africa-humanvoice.org<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    <o:p> </o:p>

    (1)   – Professeur Koulibaly Mamadou, Les Servitudes du Pacte colonial, éd. CEDA / NEI, Abidjan (Côte d’Ivoire), 2005 ISBN : 2-86394-516-5  -  ISBN : 2-84487-251-4. <o:p></o:p>


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  • Election présidentielle Française : La vraie leçon du premier tour.


    L'élection du premier tour de la présidentielle française révèle un profond rejet des français  à l'égard des immigrés et des français d'origine étrangère. Toute la thématique de la campagne s'est faite sur des notions telles que l'immigration, l'identité nationale laissant de côté les problèmes économiques et sociaux.
     
    Que 31% des Français ait voté pour le candidat sortant alors que le bilan de la droite est plutôt négatif sur le plan  économique, social et même sécuritaire est très étonnant ! On voit donc que la thématique sociale n'a pas été primordiale et que l'immigration, l'insécurité et l'identité nationale française ont été au cœur de ce premier tour.
     
    En votant Sarkozy au premier tour sur ces thématiques racistes, les électeurs xénophobes de France souhaitent donner les moyens à Sarkozy d'appliquer  par procuration la politique préconisée par Jean- Marie Lepen. Bref en votant Sarkozy, on a rendu respectable les idées de Lepen.
     
    Le seuil de tolérance à l'égard des immigrés.
     
    Les Français dit de 'souche' semblent exaspérer par l'immigration et les violences dans les banlieues que l'on impute aux jeunes 'Arabes' et 'Noirs'. De ce fait ils estiment que la répression est la seule réponse. Nicolas Sarkozy incarne assez bien cette répression d'où le score qu'il obtient malgré ses propos sur le 'Karcher' et la 'Racaille'.
     
    Nicolas Sarkozy dit donc tout haut ce que les Français de 'souche'  pensent tout bas. Ils en ont  marre de ces jeunes français issus de l'immigration qui ne respectent pas les règles, de ces musulmans 'présumés terroristes' d'avance, qui voilent leurs femmes, de ces noirs 'polygames' et 'exciseurs' que ne respectent pas l'identité nationale française.
     
    La campagne présidentielle de 2007 se sera donc faite contre un certain type de population même si certains noirs (Basile Boli et Doc Gynéco) et arabes (Rachida Dati) ont joué les 'nègres' de service, servant d'alibi à Nicolas Sarkozy. 'Vous voyez dans mon camp, il y'a également des noirs et des arabes. Donc je ne divise pas les Français mais je les rassemble' !
     
    Si Nicolas Sarkozy devait gagner dans deux semaines, ce sera d'abord sur les notions clés de l'immigration, l'insécurité et l'identité nationale. Ségolène Royal ne pourra pas attirer les électeurs du Front national  et de François Bayrou avec son discours de régularisation des 'sans papiers' cher à la gauche de la gauche. Les Français dans leur grande majorité ne veulent plus de régularisation massive estimant qu'il faut arrêter cette politique.
     
    De la même façon, le discours de Ségolène Royal sur la régularisation des parents ayant des enfants scolarisés ne passent pas dans l'opinion. Que faire donc?
    Pour contrer Sarkozy, elle doit être plus dure sur  la politique d'immigration.  Le pourra t-elle? Doit-elle garder ses valeurs où aller dans le sens de l'opinion générale de la population qui rejette cette France métissée qui à force d'incorporer d'autres populations risque de perdre son identité nationale?
     
    Le mépris des éléphants socialistes.

    Ils ont été déloyal avec la candidate socialiste, souhaitant sa défaite, espérant une montée de Bayrou plus propice à leur proposer des postes. Le score de Bayrou est dû à des gens comme Rocard, Strauss Khan, Kouchner qui ont désorienté l'électorat socialiste. Ils ont souhaité de tout leur cœur l'élimination de Ségolène Royal au premier tour mais ils ne l'ont pas obtenu. Et ils souhaitent encore aujourd'hui sa défaite au second tour. Les éléphants du Parti socialiste auront fait preuve tout au long de ces élections d'une 'indignité' sans pareil et seront en grande partie responsable d'un éventuel échec de Ségolène le 06 mai prochain
     
    Conclusion

    Même si Ségolène Royal, a le meilleur projet  économique et social, elle ne pourra pas gagner cette élection sur ces thématiques. Les Français sont de moins en moins préoccupés par l'économique et le social et préfèrent qu'on leur parle d'identité nationale, d'insécurité, de 'Karcher', de 'racaille', de 'Bite de noirs' etc.
     
    Nous sommes maintenant à l'heure de la xénophobie triomphante. Les étrangers, et les Français d'origine maghrébine ou africaine devront s'attendre dans les cinq ans  à subir la foudre de la majorité. Au nom du peuple français 'la 'Karchérisation’ est en marche' et les 'racailles' n'ont qu'à bien se tenir.
     
    Kovalin Tchibinda
    Mail: ktchib@club.fr
    -------------------------------
    "L'ascension sociale se faisant sans échelle, ceux qui se dégagent et s'élèvent ne peuvent que monter sur les épaules et sur la tête de ceux qu'ils enfoncent.." (Lanza Del Vasto).

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  • Calendrier des crimes de la France Outre-mer

    Le masque universaliste, la logomachie humaniste, le leurre droits-de-l’hommisant sont devenus les cadres sacro-saints, œillères, visières, prismes à partir desquels les peuples sont poussés à une lecture monochrome du monde, amnistiant à leur insu la marée continue des crimes atroces perpétrés par les esclavages, les colonisations et néo-colonisations. Le mérite n’est pas moindre de remémorer sous la forme la plus banalisée c’est à dire paradoxalement la plus révolutionnaire, les entailles radicales et indélébiles de la république dans le corps déchiqueté de l’Autre, le Noir, l’Africain, l’Arabe, l’Asiatique. 

     

    Un calendrier des crimes de l’impérialisme, quoi de plus ingénieux, simple et diablement efficace pour confronter le haut-parleur de la bourse universaliste à sa propre pratique bouseuse, singulière et singulièrement chosifiante de l’universel.

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    La victoire des colons les plus puissants et les plus rusés, retors d’entre pays acquis à l’esclavisation de l’altérité, a sédimenté et ossifié dans les institutions nodales de diffusion et de production de la vérité historique, une version toujours plus lénifiante, aplanie et bien souvent culpabilisante à l’endroit des assujettis, des pages insoutenables de l’expérience de la rencontre des civilisations extra-européennes avec la descendante de Rome. L’autorité d’un règne négationniste, frappant les faibles et leurs représentations de leur propre vécu de broyés sociétaux, autorité opérant par les média de grande échelle et les universités de ranking international, ne permet aucunement d’imaginer une mise à nue, au vu de tous et de toutes, de la réalité d’une violence entretenue depuis des siècles, translatée progressivement de l’intérieur des sociétés blanches vers les sociétés  dites lointaines.

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    Le mérite de Jacques Morel est de mettre à la disposition du grand nombre, un outil informatif, pédagogique, et faussement anodin, un calendrier, qui dépeint au jour le jour, au mois le mois, la compromission républicaine pérenne.   

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    Déconstruction de la domination invisible, agissant au creux de la mise au silence des médias ou des lieux convenus de factice repentance, restitution des autorités à leurs faits et méfaits négriers documentés mais ignorés, le calendrier contribue à une vulgarisation saine et indispensable des fondements des rapports asymétriques et de vassalités de la France avec une constellation de sociétés asservies par une activité quotidienne de crimes.

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    La vulgarisation prend par un format de poche pour un prix d’entrée, de l’économique. De l’accessible intelligent. Il n’est pas certain que l’illustration en première page serve honnêtement le contenu, mais l’essentiel est ailleurs.

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    Les repères historiques et les renvois bibliographiques capitalisent largement le lecteur, néophytes ou même initié qui y trouvera toujours une matière à réflexion. <o:p></o:p>

    On reconnaît ici la méthode Survie, association connue pour ses bulletins d’information sur la nébuleuses françafrique, un travail de fourmi, une chasse aux sources, des classifications, l’organisation des données etc.

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    Outil de délégitimation, de démolition des prédations autorisées, la Calendrier de Morel embrasse un champ allant essentiellement de la traite négrière au Génocide franco-rwandais. La baïonnette est mise à la lumière, maculée du sang des innocents qui n’ont pêché que pour avoir existé, la contribution des savants, des grands esprits de Gobineau à Renan, de Voltaire à Ferry n’est pas comme de coutume noyée dans un flot alambiqué de tirades, concepts pétaradants et lâches.<o:p></o:p>

    Les Français au premier chef méritent de savoir ce qu’en leur nom on fit, on fait, et si les choses en restaient là, on ferra…Les humiliés, suppliciés, esclavisés, baptisés, dévalués, tiraillés, chaque jour davantage actif à leur anéantissement, trouveront une fonction d’initialisation ou de ré-initialisation d’un pan comateux des mémoires collectives des néo-colonisés.

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    Les karanautes et leurs amis seront édifiés par l’accompagnement de ce guide sobre et incisif que Jacques Morel commet chez l’Esprit Frappeur.

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    Lire Jacques Morel, Calendrier des crimes de la France outre-mer, L’Esprit Frappeur n°100, 2001, Paris.

     

    SOURCE : http://medda.over-blog.com

     http://www.clickoblog.com/a1c7f2e3fca793bab37aea65889d25b0b<o:p></o:p>

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  • Nous avons beau cherché de tous les côtés une quelconque voie de sortie, le constat est cruel : nulle part, il n'existe la moindre issue de secours. Nous sommes dans la nasse. Pris comme des poissons. Sauf miracle, nous y serons encore dans les quarante ou cinquante ans à venir, condamnés à une mort lente, mais inéluctable.

    Je ne joue pas les oiseaux de mauvais augures pour me faire plaisir. Une simple lecture des rares données statistiques disponibles sur notre pays aboutit à cette conclusion terrifiante. Nous ne foutons rien. Le pire, c'est que les hommes au pouvoir et ceux qui aspirent à prendre leur place n'en ont nullement conscience. D'une année sur l'autre, Sassou annonce invariablement que tout n'est pas parfait, mais que tout ira nettement mieux l'année prochaine. C'est un refrain qu'il nous entonne depuis 23 ans, et nous n'avons pas fini de l'entendre. Quant à l'opposition, lorsqu'elle n'est pas trop épuisée par les efforts dépensés à réclamer sa CEI, elle lève timidement le doigt pour demander à Sassou la permission de critiquer respectueusement son régime corrompu. Tous, en choeur, promettent l'Etat de droit, la démocratie, l'assainissement des finances publiques, la lutte contre la corruption, le bonheur, le blablabla, c'est-à-dire du vent. Leurs fameux projets de société nous montrent que ce beau monde est complètement à la masse, loin des préoccupations quotidiennes des Cons-golais.

    Le maître mot qui gouverne notre pays est imprévoyance. Elle est partout, l'imprévoyance. Les classes surchargées, les routes défoncées, les hôpitaux mouroirs, les wagons à bestiaux du Cfco, les poubelles flottantes sur le fleuve Congo, les foulas foulas bondés, l'insalubrité dans nos villes, l'urbanisation anarchique, le chômage de masse, la ruine des services publics et la faillite des sociétés d'Etat, les récurrentes coupures d'eau et d'électricité ne s'expliquent pas autrement que par l'imprévoyance de ces dirigeants que nous n'avons pas choisis. Notre descente aux enfers résulte de l'incapacité et du refus de cette élite corrompue à anticiper les réponses aux besoins futurs de la population.

    Le barrage hydroélectrique et l'usine de traitement des eaux du Djoué, pour ne prendre que ces deux exemples-là, ont été construits par les colons en 1954 pour une ville de moins de 100 000 habitants. Cinquante ans plus tard, la population brazzavilloise a été multipliée par sept, voire par huit, mais les capacités de production énergétique et de l'eau à Brazza n'ont pas suivi l'explosion démographique pourtant prévisible. Et pour cause, nos gouvernants n'ont jamais pensé que les nouveaux habitants auraient un jour besoin de boire de l'eau de robinet et de s'éclairer avec une ampoule électrique. Inutile d'évoquer les conséquences économiques d'une telle imprévoyance, ils n'y ont jamais pensé. Le drame, c'est qu'ils n'y pensent toujours pas (1). Je n'ose pas imaginer et écrire que si les colons n'avaient pas existé, ce pays n'aurait pas encore connu, en 2007, l'adduction d'eau potable, la production et la distribution du courant électrique. Une honte.

    C'est qui, ce con qui a dit que gouverner, c'est prévoir ? Il n'est sûrement pas Con-golais. Quand, à l'imprévoyance, viennent s'ajouter l'incompétence, le jemenfoutisme, la corruption, le népotisme institutionnalisé et l'impunité, ça donne l'Etat-Pct version Ngouabi et Sassou-l'homme des masses, l'Etat-Upads de Lissouba et enfin l'Etat-Pct version Sassou-nouvelle espérance. En un mot, la déliquescence et la privatisation de l'Etat.

    Les plus optimistes d'entre nous croient naïvement qu'il suffira de virer le chef des cobras et son clan du pouvoir pour que ce pays retombe sur ses pieds. C'est sûrement un préalable, mais ça ne suffira pas. On ne se débarrasse pas aussi facilement que cela des mauvaises habitudes accumulées pendant quarante-six ans, et qui ont contaminé tous les échelons de l'administration par simple décret. Il faudra que tous les citoyens de ce pays se battent courageusement contre l'aristocratie militaire et civile corrompue des Sassou et des Nguesso au pouvoir, en reprenant à leur compte les combats tels que ceux menés par la Fédération congolaise de la diaspora contre l'impunité des crimes de guerre, et de la Coalition publiez ce que vous payez contre la corruption et le détournement des fonds publics pour contraindre nos gouvernants à rendre des comptes.

    Et puis, il y a ce boulet de la dette que les Sassou I, II, III, IX, V... XII, XIII et Lissouba nous auront généreusement légué en héritage. Il limite considérablement, pour de très longues années encore, les marges de manoeuvre de n'importe quel gouvernement, aussi compétent soit-il. Je parle d'un gouvernement hypothétique animé d'une volonté inébranlable de responsabiliser les Cons-golais et de moderniser enfin ce pays, pas du gouvernement de Mvouba et de tous ceux qui l'ont précédé, dont l'unique préoccupation se résume à l'enrichissement personnel.

    A priori, nous sommes vraiment mal barrés pour nous en sortir, compte tenu de notre niveau d'endettement, qui ne nous permettra pas de réaliser des investissements nécessaires au développement du pays, mais aussi et surtout de l'incapacité notoire de Sassou à diriger une nation et un Etat. Les exemples récents de la Russie et de l'Algérie, qui ont remboursé totalement ou partiellement leur dette en profitant de l'envolée du cours du baril du pétrole, montrent a contrario qu'il demeure toujours un espoir de sortir de la nasse. Encore faut-il en avoir et l'envie et la détermination. Au Congo, c'est malheureusement l'inverse qui prévaut. Si, comme l'affirme Sassou, « l'électricité ne tombe pas du ciel », l'argent, lui, vient de là-haut. Alors, le général Sassou et son clan attendent, les bras croisés, la pluie de pétro-dollars. Plus il en pleut, plus ils souscrivent de nouveaux emprunts. Les Cons-golais, une fois de plus, se serrent la ceinture pour rembourser de l'argent dont ils n'ont jamais vu et dont ils ne verront jamais la couleur.

    Combien de temps allons-nous encore subir la brutalité, le vol, le népotisme et l'incompétence de ce régime ? Des siècles, si nous ne bougeons pas. Sassou l'avoue sans détour avec cette subtilité qui le caractérise : « A la limite, déclare-t-il, seuls les Congolais pourraient nous en faire la remarque (sur ses goûts de luxe et la corruption de son régime), mais ils ne le font pas. » Une fois n'est pas coutume, il faut lui reconnaître cette franchise. Notre passivité et notre résignation sont un encouragement à la kleptomanie du dictateur con-golais et de son clan. Au moins, c'est clairement dit. Chaque jour que Sassou passe à la tête de notre pays, c'est dix ans de retour en arrière pour le Congo.

    (1) Il paraît que la centrale thermique de Sassou résoudra bientôt tous les problèmes de l'électricité à Brazzaville. Ce bricolage répondra peut-être, dans l'urgence, aux besoins du moment, mais qu'en sera-t-il dans 15 ans ?

    Musi Kanda 

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  • HOMMAGE AU CARDINAL EMILE BIAYENDA
    30ème Anniversaire de son assassinat par Sassou Nguesso

    La date de l’assassinat du Cardinal Emile Biayenda a marqué le temps des hommes. Les hommes de la mémoire et du souvenir. Ceux de la civilisation de l’histoire. Et le 22 mars de chaque année est devenu « une tradition sacrée » où l’on commémore sur toute l’étendue de sa géographie vitale et dans la conscience des peuples épris de paix, le triste événement qui avait endeuillé l’Eglise.

    Derrière le monument-phare de Monseigneur Augouard, dans la cathédrale du Sacré-Cœur de Brazzaville, berceau de l’épiscopat congolais, le Cardinal Emile Biayenda, 30 ans après sa mort, est étendu à côté de Monseigneur Théophile Bemba : « son aîné d’âge ! », dans l’attente de leur résurrection d’entre les morts.

    Ordonné prêtre, le dimanche 26 octobre 1958, un mois avant le cardinal Francis Arinze, celui-ci le retrouva souvent au synode des évêques, à Rome, dans le collège des africains.

    Assidu à la prière mariale, de l’angélus, des matines et du chapelet vespéral, il en fit une dévotion qui incarnait sa personnalité entièrement mise à la disposition de la providence divine. Car ce mouvement de la Légion de Marie qu’il institua de 1960 à 1965 lui valut la persécution contre la montée des idées communistes qui piétinait la foi et humiliait l’homme. Il partagea ces douloureux moments d’infortune et de torture avec l’abbé Louis Badila (son confrère) et le père Robyr de la congrégation des spiritains. Sa chair venait d’être traversée pour la première fois par les meurtrissures des ennemis de la propagation du culte de la Vierge Marie.

    Durant les années dures de sa vie où l’idéologie communiste faisait sa loi, il bénéficia – après son élargissement- d’une mesure d’instruction par ses supérieurs pour aller compléter sa formation à l’Université catholique de Lyon. Ses brillantes études étaient sanctionnées par un doctorat en Sociologie et une licence en Théologie en 1969.

    De retour au bercail, il gravissait d’un pas alerte les marches du Vicariat de la paroisse du Saint-Esprit de Moungali…Et d’un second pas de sûreté celle du Vicariat épiscopal chargé de la coordination entre les diverses œuvres d’apostolat et commissions diocésaines, avant d’être nommé, au cours de la même année, Archevêque coadjuteur de Brazzaville avec droit de succession.

    Pédagogue de l’espérance et éducateur dans l’âme, ses idées énoncées dans ses différentes lettres pastorales (entre 1972 et 1977) d’une rare préciosité et fécondité intellectuelle sur l’éducation, la famille et l’évangélisation sont une illustration fort éloquente.

    Pour l’éducation, il disait : « qu’il est un véritable enfantement, une épreuve, un sacerdoce, une vision au plein épanouissement de tout l’être entier ».

    Pour la famille dixit : « elle est la cellule de base de toute société. Elle restera le lien où se réalise et s’épanouit l’espérance de l’amour réel et vrai ; lequel aboutit au don de la vie et à l’évolution des progénitures essentielles à la prolongation de notre race ».

    Pour l’évangélisation, il en fit une exhortation « à la participation au développement. Car le vrai chrétien se rangera toujours du côté de ceux qui travaillent le plus pour le bien de l’humanité et de leur pays ».

    Ce cher fils du Congo du village de Malela-Bombe sema durant 19 ans de son ministère christique les ferveurs ultimes de sa vocation.

    Cardinal de l’œcuménisme et membre éminent de la hiérarchie de l’Eglise africaine, dans les années 70, aux côtés des cardinaux Laurean Rugambwa, Paul Zougrana et Joseph Malula. Il fut créé cardinal, le vendredi 2 février 1973 par le pape Paul VI, quatre ans avant Joseph Ratzinger, actuel pape Benoît XVI. Il prêchait dans un ton paternel et affectueux, les vertus d’amour et de paix qui sont restées gravées dans la chair imbriquée de la Cathédrale du Sacré-Cœur dont la résonance continue à vibrer au rythme de sa présence.

    Quand il était en tournée pastorale (à l’intérieur et à l’extérieur) de son diocèse, les messes célébrées par l’apôtre du Christ qu’il fût, étaient le meilleur rendez-vous de la chrétienté de la localité dans sa diversité et un grand honneur pour les enfants de chœur qui se bousculaient la bienvenue du service avec bonheur.

    Baptisant des enfants qui peuplaient la grande famille des chrétiens et qui portent, aujourd’hui, sur leur front la marque de son pouce ; les chrétiens à la confirmation qui recevaient l’Esprit-Saint ont encore les empreintes de ses mains tandis que les prêtres qu’il ordonnait au sacerdoce royal, les effluves de son imposition. Il recevait aussi des engagements des religieuses aux vœux perpétuels dans un sourire communicatif, célébrant des mariages à la vie communautaire et donnant l’onction aux malades « en guise de sacrement suprême ».

    De nombreuses fraternités qui portent le nom du Cardinal ont poussé dans la cour des églises dont les graines éclatées, arborent les quartiers comme « ntoko » (bois de fer) verdoyants aux couleurs de l’Avent pour perpétuer la mémoire de l’homme de Dieu.

    Cheminant peu à peu dans les splendeurs et les cimes de la foi vers « le saint des saints » - séduisant et plein d’énergie – il dégageait un visage de béatitude tandis que ses pas laissaient derrière lui des sillons de lumière et ses mains étaient chargées des lys de la pureté et des roses de la sainteté.

    Que le Mont Djiri où fut versé le sang innocent du Cardinal, le mardi 22 mars 1977, dans les douleurs brûlantes des mystères du carême doctrinal, devienne un lieu de pèlerinage pour l’espoir d’un Congo uni dans la réelle fraternité de toutes les filles et tous les fils du nord au sud, de l’ouest à l’est !

    Que nos prières continuent à encenser l’âme de notre cher Cardinal Emile Biayenda !
    Amen !

    Bernard NKOUNKOU

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